M.26/03/2009
Q : Je pense que votre décision de ne pas jouer Dubai a été sans précédent. En 1936, l’équipe de Basketball des Etats-Unis était supposée aller aux Jeux Olympiques en
Allemagne et ils ont fait la même chose. J’aimerais savoir quand avez-vous décidé de prendre cette décision ? Et pourquoi est-ce que vous pensez que d’autres joueurs n’ont pas fait la même chose
?
AR : Et bien, je ne vais pas parler des autres joueurs… Je ne sais pas. Ce qui s'est passé ne m'a pas semblé juste. Je veux dire, dans le monde du tennis, si vous vous qualifié ou que vous êtes
bon, alors c’est une raison suffisante pour jouer.
Je ne sais pas si cette décision avait vraiment à voir avec ce qu’il se passe en dehors du tennis. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de mélanger les deux. Ca a été le point de départ de tout
ca.
Q : Qu’est ce que votre victoire, ici, sur Roger Federer, l’année dernière, a représenté pour vous ? Est-ce que c’est plus important que de gagner un match
?
AR : Je pense que ca a représenté beaucoup part le fait que je l’avais joué très mal durant nos rencontres précédentes ou, tout simplement, par le nombre de fois que nous nous étions rencontrés sur
des tournois plus importants…
Je veux dire par là que, tout s’amplifie un peu parce que nous jouons des demis et parfois des finales de Grand Chelems et ensuite, nous jouons les tournois. C’était bien. Ca a simplement été un
soulagement. Ca a représenté un peu plus que les autres matchs…
Q : Où pensez-vous que votre jeu en soit, en ce moment, et à quel point êtes-vous satisfait de vos progrès ?
AR : Je me sens vraiment bien, maintenant. J’ai fait une bonne compétition à Indian Wells, spécialement sur cette surface qui ne me favorise pas beaucoup. C’est lent, sablonneux, et les rebonds
sont hauts.
Alors gagner Ferrer et Djokovic et avoir une chance dans le 2nd set face à Rafa ont été bénéfiques. J’ai bien joué et j’ai gagné les matchs que j’étais supposé gagné.
Je pense qu’il y a encore des choses à améliorer. Je suis impatient de voir la suite.
Q : Pouvez-vous nous parler de votre conditionnement ? Vous avez perdu du poids pendant l’inter-saison ?
AR : Je ne sais pas si ca a été ma réelle intention plutôt que l’obligation d’obéir aux ordres. Ca fait beaucoup de différence (rire).
J’ai engagé Larry et je lui ai dit : je ne suis pas là pour diriger. C’est ton programme, je suis là pour le suivre.
Il m’a immédiatement répondu : ok, perds 5 kg. Et là, j’ai regretté ce que j’ai dit ! Non, je plaisante… mais ca m’a beaucoup aidé, de toute évidence. Ca a rendu les choses plus faciles.
Il a pris en compte qu’il y avait un changement dans ce sport, que ce soit les surfaces qui ralentissent, les balles et tout ça… et, de ce fait, le jeu de beaucoup de mecs dépendent de leur
habileté à se déplacer et de leurs jambes.
Alors, on a juste essayé de suivre la tendance. Ca a marché jusque là, mais nous ne parlons que de ces 2 mois et demi. Il faut que je fasse mes preuves sur une plus longue durée afin de considérer
cela comme une réussite.
Q :A quel point la mobilité est-elle important dans le jeu ? A l’égard de Sam Querrey ou Isner, leur taille peut être un point positif ou un handicap. Vous connaissez
Sam depuis un bon bout de temps, en Coupe Davis et tout cela. Que voyez-vous chez ces joueurs en ce qui concerne les points positifs et négatifs d’être aussi grands ?
AR : Et bien, si nous parlons de manière général, la taille est un avantage… si on la compare à celle d’il y a 20 ans.
J’étais grand lorsque je suis arrivé sur le circuit, et je pense qu’aujourd’hui je suis difficilement dans la moyenne… pas en ce qui concerne le charme, mais en ce qui concerne la taille.
Alors ca va devenir un facteur important, spécialement pour John parce que c’est un vrai Big Foot comparé aux supers grands. Mais ce qui va aider Sam est qu’il se déplace vraiment bien pour
quelqu’un d’1m98. S’ils peuvent développer cette partie de son jeu alors ca va les aider. Vous ne pouvez pas apprendre à faire 1m98 ou 2m, mais vous pouvez apprendre à bouger plus vite.
Q : Son service est la clé ?
AR : Oui, bien sur. Vous pouvez atteindre des angles que personne ne peut voir. Même pour ceux qui retourne. On a nos marques et, soudain, on doit se déplacer d’un pas plus loin. Ca nécessite des
ajustements.
Q : Je travaille sur un article concernant les jeunes joueurs et le chemin qu’ils prennent pour devenir pro. Que vous rappelez vous de vos 12, 14 ans, et de ces gens
autour de vous pour vous dire : tu vas devenir bon ou tu vas devenir ceci ou cela… ? En avez-vous de bons souvenirs ?
AR : Non, pas vraiment. La personne qui est assise derrière vous m’a battu lorsque j’avais 12 ans, alors vous pouvez lui demandez. Elle doit mesurer 1m60 ou quelque chose comme ca…
J'étais bien différent à l’époque. Je ne sais pas si j’étais l’un de ces prodiges que l’on destine à jouer. Je pense que j’ai commencé à considérer devenir pro lorsque j’avais 16 ou 17 ans
Je suis passé du lycée au circuit pro en 5 mois, et puis tout est allé très vite ensuite.
Alors je ne sais pas si j’ai eu un parcours vraiment normal. Mais c’est dur, pour moi, de parler du chemin général à suivre, parce que je suis allé dans un lycée normal. J’ai travaillé très dur
avant et après le lycée, mais, vous savez, j’ai eu une existence à peu près normal à travers cette partie de ma vie.
Alors, je ne sais pas s’il n’y a qu’un seul chemin pour y parvenir…
Q : Est-ce que l’équilibre a été important pour vous ? Parce que beaucoup de joueurs vont dans des académies, et c’est leur seule vie.
AR : Oui, bien sur. Le tennis était ma vie. On ne va pas revenir en arrière, mais je n’ai pas signé avec une agence à 12 ans. Je n’ai pas soutenu ma famille à 13 et 14 ans.
J’ai eu la chance d’aller à l’école et d’avoir des amis le week-end. Je m’entrainais toujours 3, 4 ou 5 heures par jour. C’est probablement ce qui est nécessaire si on veut en arriver là.
Mais j’avais tout ca à côté, et, je ne sais pas si cela m’a vraiment aidé, mais , quand je regarde en arrière, alors je suis vraiment reconnaissant de tout cela.
Q : Vous avez dit que votre décision de ne pas jouer Dubai a été basée sur les principes, mais pensez-vous que l’association de tennis féminin aurait du boycotté le
tournoi lorsque c’est arrivé ?
AR : Ecoutez, je ne suis pas là pour dire aux gens ce qu’ils doivent faire. Je suis capable de prendre mes propres décisions. Tout le reste ne me concerne pas.
Q : En plus de perdre du poids, qu’est ce que Stefanki vous a apporté ?
AR : Il a une connaissance énorme des autres joueurs. Il a travaillé avec beaucoup de mecs sur le circuit, et c’est super de pouvoir parler des tendances des autres et des plans de jeu.
J’aime son énergie. Nous n’avons pas peur de travailler. Jusqu’à là, nous fonctionnons vraiment très bien.
Q : Qu’avez-vous appris ?
AR : Et bien, je ne sais pas si je pourrais résumer tout ce que j’ai appris en 4 mois et demi et sur quelques 30 matchs…
Vous savez, je pense que je savais comment jouer avant cela. La plupart du temps, ce ne sont que des rappels et garder une discipline de tous les jours.
Q : Vous avez-fait une finale ici… Est-ce que vous pensez que vous n’avez pas été à la hauteur ? Que pensez vous de la manière dont vous avez joué ?
AR : C’est une sorte de microcosme dans ma carrière, je suppose. On prend la chose sous cet angle : gagner un tournoi, un Masters Series, et faire une demi-finale. Alors, ca dépend juste de la
manière dont on estime la chose.
Si j’ai joué un Masters et que je l’ai gagné, alors c’est difficile de dire que je n’ai pas bien joué ici.
Q : Roger Federer a perdu quelques matchs contre Rafa et Andy. Pour vous, est-il toujours le plus difficile à battre ?
AR : Pour moi, ce sont les rencontres les plus difficiles de ma carrière.
Vous savez, c'est difficile de rester 5 années de suite à perdre seulement 3 matchs par an. Je pense que ca devait fatalement s’arréter.
Mais je crois que le mérite doit aller à Murray et Nadal.
Q : Dans une finale de Grand Chelem, qui préfèreriez-vous jouer Roger ou Rafa ?
AR : Je ne sais pas. J’aimerais simplement avoir l’opportunité d’arriver jusque là.
Q : Safin a dit à Indian Wells que la chose qui l’avait surpris le plus chez Rafa est son touché. Je pense que les gens ne s’attendaient pas à ce qu’il ait un si bon
touché de balle , lorsqu’il est venu sur le circuit. Est-ce qu’il y a des choses qui vont ont surpris chez lui ?
AR : Marat a 100% raison. Il a développé des coups courts qui le sortent des situations dangereuses, et personne n’en parle vraiment. Ils parlent tous de ses déplacements, et de ses frappes
lourdes, mais il a aussi une bonne volée.
Il est capable de varier sur le court maintenant. Il est capable de faire des bons jeux de retours, comme il nous l’a prouvé à Wimbledon.
Personne n’a réellement mentionné qu’il était un pas à l’intérieur du court pour frapper ses retours. Je ne pense pas qu’il reçoive vraiment tous les éloges qu’il mérite en tant que joueur de
tennis complet. Je pense qu’on l’a un peu étiqueté à ce qu’il était auparavant.
Q : Pensez-vous que ce soit un état d’esprit particulier ? Et spécialement aux Etats-Unis… il a cette volonté énorme…
AR : Oui, ca l’est
Q : Est-ce que vous pensé qu’on le sous-estime à ce niveau ?
AR : En ce qui concerne le jeu de Rafa, les balles qu’il frappe, surtout du côté gauche, ont quelque chose de plus que les autres joueurs... quelque chose qui dit : c’est la manière dont je joue et
tu vas devoir t’y faire.
Ce mec sait ce qu’il fait sur le court. Il a beaucoup d'expérience. Il a le luxe de n’avoir pas à jouer dans ce domaine trop souvent.
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