M.27/03/2009
Q: A la fin de l'année dernière, et surtout après les JO, il a semblé que vous serviez et volleyiez bien plus qu'en début d'année. Je vous ai vu monter au filet
quelques fois aujourd'hui. Est-ce que le fait de ne pas aller au filet est volontaire ou est ce que vous n'avez pas vraiment décidé de jouer 2009 d'une certaine manière?
RF: Non, cela dépend plutôt de l'adversaire et également des conditions. A la fin de l'année, il y a Beijing et l'US Open; la saison indoors est toujours plus rapide, alors on peut servir et
volleyer plus facilement.
Vous savez, à Wimbledon le service et la volley marchaient si bien que je me restreignais à cela. Sauf si je dois jouer contre certains opposants...
J'aime toujours cela. Je trouve que je volley bien en ce moment, alors, c'est peut-être l'heure d'utiliser cela un peu plus.
Q: Comment vous êtes vous senti?
RF: Bien. Je me suis bien déplacé. J'ai essayé de remettre autant de balles que possible. Je ne l'avais jamais joué alors j'ai été surpris par quelques points parce que je ne savais pas quel était
son coup favori.
Mais j'ai vite réalisé quel était son schéma, spécialement au service. Même s'il a bien joué aujourd'hui, il a eu quelques bons jeux, mais je crois que j'ai bien joué. Ca a été un bon match. C'est
une bonne entame de tournoi.
Q: Sans irrespect pour Kevin, n'avez vous pas essayé de travailler certaines choses, comme les chip, le service et la volley?
RF: Et bien, vous savez, le service et la volley sont des choses qui viennent naturellement. Je me dis: voyons voir si ca marche . Et, si ca marche, alors je continue à le faire.
Sur les retours, j'ai essayé des chip and charge. C'est quelque chose que j'aime faire sur dur et voir comment il va réagir.
A 5-1, j'ai pu lever le pied un peu et essayer de nouvelles choses. Mais il faut toujours être vigilant, lorsqu'on fait ces cela. Vous avez vu ce qu'il s'est passé, j'ai perdu ce jeu et ensuite,
j'ai eu des balles de break contre moi.
Bien sûr, après, j'avais encore une chance de breaker grâce au vent. Mais j'ai essayé quelques nouvelles choses à la fin du match, c'est vrai.
Q: Est-ce que vous vous sentez suffisamment à l'aise dans votre jeu, maintenant, comme vous l'étiez contre Andy à l'US Open, l'année dernière?
RF: Andy... Oh, Andy Murray? C'est vrai, j'ai joué très bien, mais c'était un Grand Chelem. Et, je pense que j'ai aussi très bien joué à l'Open d'Australie. J'ai pris un peu de temps hors des
courts, et puis je suis revenu à Indian Wells.
J'ai l'impression que c'est une semaine importante pour moi, et surtout maintenant que j'ai quelques matchs sous la ceinture. Je suis au 3e tour ici, alors les choses vont bien pour moi.
La saison dernière a été très difficile. Les gens ont tendance a oublié que j'ai eu la mono et des problèmes de dos. J'ai du travailler extrêmement dur pour revenir. J'ai lutté un peu contre Rafa,
même si j'étais proche de gagner Wimbledon et l'Open d'Australie, qui ont été les deux seuls majeurs que j'ai joué contre lui.
Et puis, Murray aussi. Je dois juste m'assurer de gagner contre eux et, avec un peu de chance, être capable d'inverser la tendance.
Q: Vous avez remporté le Stefan Edberg Award pour la 5e fois consécutive, ce qui est une très belle performance. Est ce que cela devient de plus en plus difficile, au
fur et à mesure de la pression que la vie place sur vos épaules, ainsi que les gens qui attendent tellement de choses? Est ce difficile de continuer à toujours se comporter si bien?
RF: Et bien, parfois, la patience n'y est plus ou bien, elle n'est plus la même que ce qu'elle était. C'est comme me balader à côté des courts... Je ne le fais plus aussi souvent qu'avant. Je
comprends les joueurs comme Agassi et Sampras et tous ces joueurs qui arrivaient, faisaient ce qu'ils devaient faire sur le site et ensuite, allaient ailleurs.
Que ce soit à l'hotel, faire du shopping ou aller à la plage, on a juste envie de s'éloigner de la scène du tennis. Peut-être parce qu'après avoir joué 1000 match, on devient un peu fatigué de
regarder 100 000 matchs qu'on a déjà vu...
On ne se balade plus autant qu'avant, mais, tout de même, j'essaye de rester présent pour les fans, signer des autographes, prendre des photos, pendant que je suis sur le site. Spécialement après
mes séances d'entrainement.
Lorsque je m'entraine pendant 1 heure, je ne me douche qu'1 heure après... parce que tout ces gens que je croise et que je rencontre veulent me parler et prendre des photos, des autographes... il y
a bien plus que l'entrainement en réalité.
Il y a des jours où c'est difficile pour moi. J'aime m'entrainer en dehors des sites où l'ambiance est plus calme et où je peux me concentrer, sans avoir à me montrer et signer des autographes.
Parce qu'à la fin du jour, je dois aussi travailler pour être bien, et c'est là où la limite est fine, pour moi.
Q: Sur le court?
RF: Sur le court, je n'ai pas de problème. J'ai toujours du respect pour mes opposants, c'est très important pour moi. Sans eux, je ne serai rien...sinon, je serai n°1 à me battre contre
personne
Il me font travailler dur et ils me challenge, je les challenge, et je crois que c'est ce qu'on apprend, avec le temps... Si je regarde en arrière, et que j'analyse mes relations d'aujourd'hui avec
Roddick, Safin et Hewitt... avant, nous étions sympa les uns envers les autres et on trainait un peu ensemble.
Aujourd'hui, nos relations sont plus profondes parce que nous avons vécu tant de choses auxquelles nous pouvons faire référence. Ca devient de plus en plus sympa avec bon nombre de joueurs sur le
circuit. Je me sens mieux accueilli dans les vestiaires alors qu'avant, je me battais pour être accepté. Vous savez, Pete et Andre, vous n'aviez pas trop envie d'aller leur parler, pour ne pas les
déranger...
Et vous vous dites: Ok, je vais juste aller m'assoir dans un coin et faire mes choses... Alors que maintenant, c'est plus facile. Je parle à tout le monde... c'est vraiment plus sympa
aujourd'hui.
Q: Est-ce que vous pensez qu'après votre mono et vos problèmes de jeu, les gens vous ont condamné un peu trop rapidement? "Ca a assez duré, passons à un
autre"...
RF: Non... pas nécessairement. Je crois que ceux qui s'y connaissent vraiment savent que cela ne peut pas partir si rapidement. C'est juste que, dans le tennis, le classement bouge tellement
vite...
Lorsqu'un joueur fait son irruption, tout le monde parle de lui et oublie le reste. Et ensuite, tout va très vite. Cela n'a pas d'important si vous êtes là depuis un ans, deux ans ou dix ans. Aussi
longtemps que vous restez dans le top du classement, tout change très vite.
Nous n'avons pas un classement qui recomment tout les deux ans, comme au golf. Si on ne joue pas pendant 3 moins, on peut passer rapidement N°5, en étant, par exemple, malchanceux ou blessé à Paris
et Wimbledon
C'est parfois le job des médias d'expliquer aux fans que, même si on est au repos pendant 3 mois, cela ne veut pas dire qu'on n'est plus le 5e meilleur joueur du monde. C'est simplement qu'on a pas
eu de chance de faire ses preuves. C'est ce qui va un peu trop vite dans le monde du tennis, je crois.
Q: Comment vous sentez-vous vis à vis du système de Challenge? Quel a été votre moyenne ces mois-ci?
RF: Ca va... je m'en fiche un peu en fait.
Q: Vous vous y êtes faits? Je sais que vous êtiez réservé à ce sujet... quel est votre opinion aujourd'hui?
RF: Et bien, ca m'a aidé, et ca ne m'a pas aidé. C'est comme les demandes de challenge qui m'ont aidé et qui ne m'ont pas aidé. C'est pourquoi je pense que ce n'est pas nécessaire. En plus, c'est
seulement sur le central, je ne sais même pas si c'est sur le Grandstand. Mais tous les autres matchs, les pauvres, ils n'ont pas le challenge... Oui, demandez leur s'ils peuvent utiliser les
challenges sur le court N°8.
Q: Comment vous sentez vous, ici, dans le sud de la Floride, avec tous ces gens d'origine latine autour de vous? Est ce que vous parlez espagnol?
RF: J'essaie de faire quelques petites blagues , mais non, je ne parle pas Espagnol. Mais j'aime cela. J'aime être proche des sud-américains, parce que je ne suis jamais allé jouer là bas. La
seule fois où j'y suis allé c'était en 96 et 97, lorsque j'ai joué Mexico, Costa Rica et Venezuela. C'est le plus loin que j'y suis allé.
Q: La Colombie?
RF: Non, je ne suis jamais allé en Colombie, peut-être dans le futur. J'espère pouvoir y jouer des exhibitions ou des tournois à la fin de ma carrière. Pour le moment, rien n'est planifié. C'est
pourquoi j'aime ça.... comme ce matin. J'ai signé des autographes après mon entrainement, et un mec m'a dit: Vous savez, le Brésil vous aime. Un autre mec, c'était le Venezuela et puis l'Ecuador,
et ensuite la République Dominicaine. Vous savez, c'est super. Ils aiment tous le tennis.
Q: Vous pouvez dire bonjour à la Colombie?
RF: Salut la Colombie. J'espère vous voir bientôt! Ca va comme ca?
Q: Je sais que vous devez rester concentré sur ce tournoi, mais est-ce qu'il vous arrive de penser à Wimbledon et à la dernière fois que vous y êtiez? Je suppose que
c'est une grosse ambition pour vous...
RF: Oui, absoluement. C'est le but ultime pour moi chaque année...
Il n'y a aucune préparation propre à Wimbledon, parce que nous avons Roland Garros juste avant. Alors on se retrouve sur herbe et on voit ce qu'il se passe. Avec de la chance, on s'y sent bien
Samedi, avant que le tournoi ne débute. C'est comme ca à Wimbledon.
C'est difficile, et le match de l'année dernière a été fantastique. J'y repense encore et je crois que ca a été l'un de mes meilleurs matchs. J'ai adoré la bataille que nous avons mené.
Bien sûr, je suis encore un peu déçu de la manière dont ca s'est fini, dans le noir... Mais le match a été vraiment fantastique et j'ai hâte d'y retourner...
Q: J'ai une question sur l'Open d'Australie. Ce n'est certainement pas un bon souvenir, mais lors de la remise des trophées, toutes ces émotions qui sont sorties...que
ressentiez-vous à ce moment?
RF: Tout d'abord, j'étais fatigué. Vous savez... à être assis, et essayer de se relaxer tout en étant déçu de n'avoir pu jouer mieux... Ensuite, on réalise qu'on vient de passer 3 semaines sur le
même site et ca énerve un peu. J'ai pensé que j'aurais pu gagner le match, dans le 4e set, peut-être même en 3 sets d'affilés si les choses avaient penché en ma faveur et si j'avais saisi les
opportunités.
Mais j'ai ressenti l'émotion lorsque Rod Laver et Tony Roche et Jen Rosewall et tous ces gens sont venus sur le court et j'ai remarqué tous ceux qui attendaient pour la remise des trophées.
J'aime la Rod Laver Arena. La cérémonie des trophées est super, et très respectueuse. Et c'est pourquoi, tout à coup, j'ai réalisé que j'avais perdu le match. Toutes ces légendes du tennis étaient
là et je souhaitais tellement être le vainqueur, alors que je ne l'étais pas.
C'était juste le sentiment du moment. J'ai toujours une petite larme lorsque je perds la final d'un Grand Chelem. A Wimbledon, c'est arrivé lorsque je suis sorti du court. A l'Open d'Australie,
c'est arrivé sur le court.... Ca a été le côté malencontreux, pour moi.