Vendredi 5 Juin
F. GONZALEZ/R. SODERLING
3-6 5-7 7-5 6-4 4-6
Q.Fernando, que penses-tu de ton jeu aujourd'hui ?
R. Eh bien, je sais que je me sentais à l'aise sur le court, mais lui a joué à un très haut niveau. Il a beaucoup fait bouger la balle, et je n'ai pas réussi à frapper suffisamment la balle. Cela a
été très dur. J'ai continué à essayer, à trouver des moyens de jouer. Il a lui aussi raté quelques coups. J'ai saisi mon occasion, et ça s'est terminé au cinquième set.
Q.Grand match, Fernando ! Un très beau retour. Tu as réussi à casser son rythme,et à lui faire commettre plusieurs fautes directes et à l'amener au cinquième set. Tu
servais beaucoup mieux, tout semblait être... Tu semblais toutcontrôler, jusqu'au cinquième set, et puis, que s'est-il passé ? Etais-tu fatigué ? As-tu eu un problème psychologique ? Que s'est-il
passé à 4/1 dans le cinquième set ?
R. Il ne s’est rien passé, on était à 4/1, 15-40,il glissait très, très bien. Et puis, il a eu un coup absolument dingue, à un moment. C'était surtout à 4/2, quand je servais, il a eu de très beaux
retours,moi j'ai eu des problèmes avec mon service. J'essayais de passer ma première balle, et de gagner des points comme je l'avais fait sur les deux sets précédents. Mais je n'ai pas voulu
prendre le risque de jouer sur mon second service à ce moment-là, ce qui est une erreur, parce que ça m'a coûté le match.Si j'avais gagné, ça aurait peut-être été une bonne décision.
Q.Fernando, vous avez eu un problème avec le juge de ligne. Que pensez-vous de la décision ? Cela a-t-il eu un impact sur vous ?
R. Un seul point n'a pas d'impact sur un match en 5 sets, c'est évident. Mais j'étais vraiment énervé. J'étais vert de rage. Mais si vous regardez la télé, je pense que vous pourrez le voir, et
jesuis un être humain, je ne savais pas trop que faire.
Je lui ai montré la marque, le juge de chaise est descendu et ne m'a rien montré. C'est pourquoi je suis sorti hors de mes gonds, il ne m'a rien montré. Ensuite, j'ai fait un truc pour me
marrer,puisque de toute façon il n'y avait pas moyen de discuter plus.
Q. Que voyez-vous pour Soderling en finale, quel que soit son adversaire ?
R. Ca dépend, si Soderling veut gagner le tournoi, il serait préférable qu'il tombe contre Del Potro. Aujourd'hui, j'ai essayé de varier le rythme, la vitesse avec Soderling, et là-dessus, il peut
être très bon, je me rends compte qu'il peut faire beaucoup de choses, il peut jouer haut, jouer bas, jouer rapidement. Mais s'il joue comme toute cette semaine, en servant à plus de 200 kilomètres
heure, ce sera très dur, quel que soit son adversaire.
Q. Et s'il rencontre Federer, pensez-vous que Soderling ait une chance contre lui,compte tenu de la façon dont il joue en ce moment ?
R. Compte tenu de la façon dont il joue en ce moment, il a une chance contre n'importe qui. Aujourd'hui, les deux premiers sets, je n'ai pas pu jouer. J'ai réussi à trouver une façon de jouer à
partir du troisième set, mais il joue très, très long, il a rattrapé toutes les balles.Je n'arrivais pas à le déborder. A chaque fois, lui réussissait à me déborder.Moi, je ne suis pas habitué à
jouer de cette manière. Je pense avoir fait un bon boulot, parce que j'ai réussi à revenir, mais Soderling a vraiment joué àun excellent niveau.
Q.Fernando, vous l'avez déjà expliqué en anglais, mais expliquez-le en espagnol,parce que c'est pour la radio. Que s'est-il passé au cinquième set ? A 4/1,
nouspensions que vous aviez le match entre vos mains, et il n'en a pas été ainsi.
R. Moi aussi je l'ai pensé. Mais c’est pourquoi le tennis a tellement d'attrait, on croit que l'on va gagner, et rien n'est décidé jusqu'à la fin. A15/30... Je pensais que j'allais à nouveau
gagner, je craignais qu'il arrive ce qui s'est produit, c'est-à-dire que quand un joueur commence à se relâcher,qu'il commence à jouer son meilleur tennis, qu'il lâche ses coups… Après, je ne peux
pas dire… Effectivement, j'ai douté sur mon service, et j'ai réduit ma vitesse sur le premier service. Il m'a rendu la balle deux fois de façon extraordinaire, étant donné l'évolution des choses.
Mais ça a mal tourné parce que j'ai perdu. Mais si j'avais continué àjouer ainsi et que j'aie gagné, c'était alors une bonne décision.
Q. A15-30, 4/1, tu gagnes, et il sort un revers à deux mains sur la ligne, tu crois qu’il a commencé à ressentir qu’il avait le match entre ses mains ?
R. Quand ce genre de choses se produit, avec la majorité des joueurs, quand on fait un break ou que l'on a le match dans lamain, quasiment assuré, il n'y a plus aucune pression, et c'est là que les
joueurs sont les plus dangereux. C'est exactement ce qui s'est produit aujourd'hui.
Peut-être n'ai-je pas joué mon meilleur tennislorsque j'étais en train de gagner, mais je n'ai pas mis la balle dehors.
Lui, au cours de ce jeu, il a très bien rendu au moins trois fois. Mais à un point, je ne l'ai pas gagné, 4/1, puis 4/2,et finalement, le match continuait à dépendre de moi.
Q.Fernando, tu as été très calme jusqu'à présent, en gagnant, puis tu arrives aux demi-finales, un match incroyable. Maintenant, alors que tu étais si près d'arriver à
la finale, je te vois également très calme, tranquille. Que ressens-tu à l'intérieur, quand tu quittes le court, que tu arrives aux vestiaires et que tu réalises que tu aurais pu arriver en finale,
que tu en as été très près ?
R. Près ou loin, pour moi, c'est la même chose, puisque je n'y suis pas arrivé ! Ca, c'est la vérité !
Effectivement, on a un sentiment d'amertumeaprès un tel match, après l'avoir perdu. En même temps, le calme, parce que sij'avais perdu en trois sets, je ne dirais peut-être pas la même chose… Mais
de toute façon j'aurais perdu.
Je suis en accord avec moi-même, tout s'est bien passé, la façon dont j'ai lutté, malheureusement je n'y suis pas arrivé.Je continuerai à lutter pour essayer d'avoir des matches encore plus
beaux.
Q.Fernando, que s'est-il passé sur cette balle qui a été si discutée. Pourrais-tu le réexpliquer en espagnol ?
R. La balle était mauvaise. Il y avait une faute. Mais je ne peux pas me plaindre sur un point, après avoir joué 200 coups... Ca ne serait pas très sportif de ma part de me plaindre. Mais c'était
difficile. Je vois que la balle est fausse et je montre la balle :le juge de ligne vient, mais il ne montre rien ! Il n'a rien montré et c'est ce qui m'a rendu fou. J'ai montré où était la marque,
et le juge de ligne ne montrait rien. Alors j’ai dit : « Si ça c'est la marque de la balle, moi je suis Superman ! » Là, je ne sais pas...
Q. Quoiqu'il en soit, que penses-tu, quel bilan fais-tu toi-même, tu as une certaine amertume, mais là, physiquement, tu as l'air d'être bien, c'est ce que tu
dis.
R. Oui, c'est une certaine amertume, bien sûr,quant à la façon dont les choses se sont produites. Je parlais avec Martin aux vestiaires, j'avais beaucoup plus d'amertume pour un tournoi beaucoup
moins important, c'était à Barcelone. Là, je me suis trompé... Mais ici également, le tournoi est tellement important. Mais au fond de moi-même, je me sens calme,tranquille, je prends beaucoup de
plaisir à jouer au tennis, je sers de mieux en mieux, et puis, j'essaie... Je donne toujours le maximum de moi-même et,malheureusement, je n'y suis pas parvenu aujourd'hui.
Q.Fernando, il est clair que les choses peuvent être vues selon différentes perspectives, si tu avais eu à jouer contre Nadal, et que tu avais perdu contrelui, tu aurais dit : « Zut ! Quelle
malchance, j'ai joué contre Nadal. » Mais tu as joué contre Soderling, qui a fait un tournoi surprenant, qui joue un tennis superlatif, personne n'attendait qu'il dispute ainsi ce championnat, il
est tombé sur toi, et il t’a joué à ce niveau superlatif. Le ressens-tu comme une malchance, un signe du destin ?
R. Non, cela entre dans les paramètres. Si le tennis est aussi attirant pour les gens, c’est justement parce qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver. La malchance, c'est d’être de la même
génération que Nadal et Federer. C'est ça la malchance !
Je ne sais ce qui s'est passé avec ceux de la même génération que Borg ou Vilas, je ne sais pas... C'est ça, la malchance !
Qu'un joueur te gagne pour un tournoi, celapasse, même si c'est le tournoi de sa vie. Cela passe, nous luttons tous pourarriver à gagner.
Q. Tout d'abord, félicitations pour le tournoi que tu as réalisé. Il y a15 jours, tu disais
que tu pouvais jouer de mieux en mieux, que tu pouvais arriver au plus haut. Avais-tu aussi cette sensation aujourd'hui, que ce nouveau match pouvait t’en donner plus, ou as-tu donné le maximum de
toi et tu n'y es pas arrivé ?
R. J'ai fait mes plus gros efforts aujourd'hui, mais malheureusement, le résultat n'y est pas. C'est une question de jour. Je voulais dire que je donne tout ce que j’ai. J'arrive à un tournoi,et je
donne tout ce que j’ai. Je vais jouer mieux ou moins bien... C'est secondaire, je crois que ce qui compte, c'est de gagner ou perdre !
Q. Pars-tu avec l'impression qu'au cinquième set, à 4/1, il y a eu toute une série defautes, 4 fautes ? Crois-tu que son niveau a augmenté ?
R. La seule faute que j'ai commise, c'est d'avoir perdu. J'ai essayé et n'y suis pas arrivé. Là, il y a des fautes, parceque je n'ai pas réussi ce que je voulais faire aujourd'hui.
Ce que je ne voulais pas, c'était jouer un deuxième service, vu la façon dont il me retournait la balle. Mais j'ai joué à chaque fois comme si c'était un deuxième service. Je crois que je n'ai pas
joué mon meilleur tennis, c'est clair, mais ce n'est pas une excuse. J'essaie toujours de faire le mieux possible, et ce que l'on a vu sur le court, c'est tout ce que j’ai.
Q.C'est-à-dire que tu n'as pas joué bien tout au long du match, ou au cours de certains passages ?
R. Tout au long du match, les conditions étaient difficiles mais elles l'étaient pour tous les deux. Mon adversaire nem'a pas aidé à me sentir mieux, parce que je n'arrivais jamais à le bouger de
sa position. C'était plus facile pour lui, et je me suis ainsi senti assez malà l'aise. Je reconnais que je suis revenu deux sets à zéro, et j'avais le match dans la main... J'avais la sensation
que je n'allais pas perdre le match,mais ce sont des choses qui arrivent, et il faut apprendre et continuer à apprendre !
Q. A un moment donné, les choses changent, tu as l'impression que le match t'échappe ?
R. Non, à la fin, quand il m'a breaké, finalement il est remonté, mais à quatrepartout, c’était trop important. C'est passé... Cela m’a usé physiquement et mentalement. Il a gagné le match !
Q. Il semblerait que le public était plus de ton côté,l’as-tu ressenti ou non ?
R. Oui. Le public…c'est le meilleur court au monde, avec Wimbledon ; nous avons tous rêvé dans notre vie de jouer sur ce court, et le public français est très connaisseur en matière de tennis, on
se sent reconnu quand on fait ses plus grands efforts, indépendamment du résultat. En tant que joueur de tennis, ça te touche beaucoup.
Q. Fernando, tu as joué une année excellente, tu t’es arrêté,tu as été un peu blessé, tu t’es interrompu et tu es arrivé ici sans disputer de championnats préalables.Tu as été arrêté trois semaines, tu as fait une demi-finale de Grand Chelem ici, comment vois-tu le reste de l'année. Tu vas avoir
Wimbledon, tu arrives sans avoir rien d'autre avant. Espères-tu remporter, as-tu l'appétit plus ouvert plus aiguisé ?
R. C'est évident,quand on n'a pas de vision d'avenir, on arrête de jouer ! Je joue parce que j'ai des ambitions. Tous les tournois que j'ai disputés cette année, j'ai ressenti que je donnais le
meilleur de moi-même, et c'est ce qui est important. Parfois, on arrive fatigué mentalement, physiquement, ou on n'a pas tellement envie de gagner ou de jouer, et le public t'oblige à le faire.
Cette année, j'ai eu deux blessures qui m'ont empêché de jouer quelques tournois, mais quand je vais aux tournois, j'y vais à100 %. C’est exactement la même chose lorsque je m'entraîne, si je n'ai
pas envie, je ne m'entraîne pas et j'y retourne le lendemain, à 100 %. Il faut optimiser le temps sur le court, et aussi optimiser les tournois.
Derniers Commentaires