Musetti entre dans l’histoire… mais perd encore : découvrez pourquoi sa 7e défaite en finale pourrait tout changer
Lorenzo Musetti a vécu un lundi-amer à Hong Kong : malgré l’incroyable ascension au classement — entrée dans le Top 5 pour la première fois — le Toscan claque une nouvelle finale perdue, sa septième défaite consécutive en match décisif. Face à Alexander Bublik, auteur d’une prestation clinique, Musetti a payé le tribut d’une demi-finale marathon et de douleurs persistantes au bras droit, éléments qui ont fini par peser davantage que les ressources tactiques et mentales du joueur italien.
Un week-end épuisant qui laisse des traces
Le contexte physique de Musetti ne peut être ignoré pour expliquer l’issue de la finale. Après une demie de près de trois heures contre Andrey Rublev, Lorenzo a dû enchaîner avec des matchs de double et une récupération limitée. Sur le court, on a senti la différence : le service a perdu en régularité et en vitesse, et la mobilité latérale a été freinée à partir de la fin du premier set. Ces signaux se traduisent souvent par une diminution de la confiance sur les coups d’attaque, notamment le serve-and-volley et le dritto inside-out, qui sont des armes essentielles dans son registre.
Sur surfaces rapides comme le dur de Hong Kong, la fraîcheur est un facteur déterminant. Bublik, qui a su gérer ses efforts dans le tournoi et préserver son intensité sur les moments clés, a tiré avantage de la moindre explosivité de Musetti. C’est un rappel — pour les joueurs et leurs équipes — de l’importance d’une planification minutieuse des charges de travail en tournoi, surtout en début de saison quand les objectifs sont élevés mais les automatismes physiques parfois encore instables.
Le déroulé technique de la finale
Le premier set a été d’une intensité élevée, avec un échange constant d’égalités dans les jeux de service. Musetti a produit des séquences de très bon niveau, mais Bublik a su répondre présent dans les moments-clés. Le tie-break a été à sens unique, 7-2 en faveur du Kazakh, qui a su élever son agressivité au bon moment et préserver une première balle solide sur les points décisifs.
Plusieurs aspects techniques ont fait basculer la rencontre :
Dans le second set, la chute physique de Lorenzo s’est accentuée. Les services sont moins précis, quelques doubles fautes ont surgi à des moments fâcheux, et la longueur du dritto s’est érodée. Bublik, opportuniste, a senti le changement et a imposé un rythme encore plus élevé, obtenant le break décisif et concluant 6-3.
Le mental : une blessure invisible
Perdre sept finales consécutives n’est pas anodin psychologiquement. Chaque défaite en finale ajoute une couche de pression et peut miner les automatismes de confiance nécessaires pour boucler le match. Musetti a montré, à plusieurs reprises en 2025, une capacité à élever son niveau sur la terre battue et dans les matches longs. Mais en finale, lorsque les marges sont réduites et que chaque point devient capital, l’impact d’un doute ou d’une gêne physique se traduit par des choix hésitants (tenter un passing au lieu de monter, hésiter sur un smash) et par une réduction de l’agressivité qui faisait sa force.
Cependant, il faut nuancer : atteindre ce niveau de régularité dans les tournois, intégrer le Top 5 et aligner des finales témoigne d’une progression indéniable. La présence de José Perlas dans son staff, aux côtés de Simone Tartarini, offre un cadre d’encadrement qui comprend comment gérer ces aspects mentaux et stratégiques. Le challenge désormais sera de transformer ces finales en victoires : l’expérience et l’ajustement de la préparation physique seront déterminants.
Ce que ce tournoi apporte malgré la défaite
Musetti sort de Hong Kong avec des signaux positifs. Sa capacité à remonter contre Rublev en demi prouve qu’il peut rivaliser avec les meilleurs sur sa surface, et son jeu continue d’évoluer, notamment en précision et netteté sur le plan tactique. Le travail effectué l’an dernier, avec des perfs remarquables sur terre (finale à Monte‑Carlo, demi à Rome et Paris), se confirme sur dur, signe d’une polyvalence croissante.
Il y a aussi un plan de carrière qui se dessine : l’entrée de Musetti et d’un autre Italien dans le Top 5 pour la première fois démontre l’excellente santé du tennis italien. Sur un plan individuel, Lorenzo doit maintenant optimiser sa récupération, peaufiner la gestion des charges en tournoi, et travailler des solutions de jeu quand sa première balle flanche — par exemple développer plus de schémas de jeu de retour agressif ou mieux intégrer le slice long de ligne pour casser le rythme adverse.
Conseils techniques depuis la perspective d’un ancien joueur
En tant qu’ancien compétiteur, quelques recommandations simples mais efficaces peuvent aider Lorenzo à franchir le cap :
Hong Kong n’efface rien du chemin parcouru par Musetti : il reste un joueur au potentiel immense, et ces défaites finales doivent servir de carburant pour la suite.
