13 février 2026

Errani/Paolini renversent tout à Doha : le duo italien s’impose de façon incroyable au super-tiebreak

2026 AUSTRALIAN OPEN Sara Errani (ITA) / Jasmine Paolini (ITA) Photo © Ray Giubilo

Sara Errani et Jasmine Paolini ont offert un beau moment de tennis et de caractère au public de Doha en se qualifiant pour les demi-finales du tableau double du WTA 1000. Face à la paire formée par la jeune espagnole Marina Bucsa et l’Américaine Nicole Melichar-Martinez, les Italiennes se sont imposées 6-2, 1-6, 10-3 au super-tiebreak après une rencontre d’environ 1h10. Cette victoire, la première vraiment marquante de la saison pour les deux joueuses, mérite qu’on s’y attarde tant sur le plan tactique que mental.

Un début maîtrisé puis un coup d’arrêt

Le premier set a été entièrement à l’avantage d’Errani et Paolini. Solides au service et incisives dans la prise d’initiative, elles ont dicté le jeu en alternant montées au filet et échanges construits depuis la ligne de fond. Sara, avec son sens du positionnement et ses volées toujours propres, et Jasmine, plus agressive du fond de court, ont trouvé un excellent compromis pour malmener les retours adverses et punir les secondes balles.

Le 6-2 en poche traduisait une supériorité nette dans l’efficacité sur les points importants, mais aussi une capacité à maintenir la pression dans les jeux longs. La dynamique de la rencontre semblait donc favorable aux Italiennes… jusqu’à la réaction franche de leurs adversaires.

Le retournement : Bucsa/Melichar-Martinez réagissent

Le deuxième set a offert le visage opposé du match. Bucsa et Melichar-Martinez ont élevé le niveau, augmenté la cadence et changé la géométrie des échanges pour gêner la paire italienne. La combinaison de la puissance américaine et de la mobilité espagnole a perturbé les automatismes d’Errani/Paolini, qui ont commis davantage de fautes et perdu de leur cohésion en retour.

Ce 1-6 concédé n’est pas anodin : il montre la fragilité d’un duo encore en recherche de régularité cette saison. Le passage à vide peut venir d’un relâchement après un set dominant ou d’une incapacité à répondre à un changement d’approche tactique de l’adversaire. Quoi qu’il en soit, les Italiennes ont dû puiser dans leurs ressources mentales pour ne pas laisser filer l’avantage acquis.

Le super-tiebreak : caractère et lecture du jeu

Le format décisif du super-tiebreak met en lumière la capacité à gérer la pression et à exécuter les schémas tactiques avec sang-froid. Dans ce money-time, Errani et Paolini ont repris le contrôle. Leur entente sur le court, souvent fondée sur une excellente communication et une complémentarité de styles, a fait la différence.

  • Prise d’initiative : Paolini a su anticiper les retours pour attaquer plus tôt et empêcher les opposantes de dicter les échanges.
  • Nettoyage des points : Errani, malgré la baisse d’explosivité inhérente à son jeu depuis quelques saisons, a joué propre et placé les volées au bon endroit, fermant les trajectoires et générant les points gagnants.
  • Gestion mentale : après un second set largement perdu, la capacité à recentrer l’attention sur le point présent a été décisive. Les Italiennes n’ont pas laissé la frustration s’installer.
  • Le 10-3 au super-tiebreak reflète une domination nette lors des mini-échauffements : premiers services, retours agressifs et montées collectives au filet qui ont étouffé les tentatives de récupération des opposantes.

    Ce que cela signifie pour Errani et Paolini

    Sur le plan comptable, atteindre les demi-finales d’un WTA 1000 est un résultat de poids : points au classement, confiance retrouvée et visibilité. Pour Paolini, jeune joueuse au potentiel de top, c’est la confirmation qu’elle peut performer à un haut niveau en double tout en poursuivant sa carrière en simple. Pour Errani, vétérane à l’intelligence tactique éprouvée, c’est la preuve que son expérience fait toujours la différence dans les moments serrés.

    Sportivement, cette victoire efface en partie un début d’année mitigé — notamment un Australian Open décevant — et donne aux Italiennes une base solide pour aborder la suite de la saison. La réussite du duo tient autant à la complémentarité des profils qu’à la gestion des instants cruciaux, éléments indispensables dans les tournois majeurs.

    Enseignements techniques pour les doubles

  • La complémentarité est clé : associer une joueuse agressive du fond et une joueuse tacticienne au filet crée un équilibre difficile à contrer.
  • Varier les trajectoires : alterner lift, slice et volée surprise force l’adversaire à s’adapter et augmente la probabilité d’erreurs.
  • Communiquer et choisir les schémas : décider à l’avance des cibles lors des retur-serveurs et des montées au filet évite les hésitations fatales.
  • Travailler les super-tiebreaks à l’entraînement : répéter ces scénarios permet d’automatiser la gestion du stress et l’enchaînement tactique en phase décisive.
  • La victoire d’Errani et Paolini à Doha est donc plus qu’un simple résultat : c’est une démonstration de résilience, d’intelligence de jeu et de travail en duo. Ces qualités seront à surveiller lors de leurs prochaines rencontres, où la régularité et la capacité à reproduire ce niveau de performance feront la différence entre un bon résultat ponctuel et une véritable ascension dans la hiérarchie du double féminin.

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