15 février 2026

Elle accuse Mouratoglou : la vérité choc de Kalinskaya sur sa blessure et l’entraînement qui l’a brisée

Anna Kalinskaya a récemment lancé des accusations sévères contre l’académie de Patrick Mouratoglou, affirmant que des méthodes d’entraînement inadaptées et une surcharge physique précoce ont conduit à sa première blessure au dos, une douleur qu’elle traîne encore aujourd’hui. En tant qu’ancien joueur, je veux aborder ce sujet avec recul : il ne s’agit pas de prendre parti, mais d’analyser techniquement comment une mauvaise progressivité dans la préparation physique peut impacter durablement une jeune joueuse.

Le contexte : une académie réputée, des exigences élevées

L’académie Mouratoglou est connue pour ses infrastructures haut de gamme et son attrait auprès des joueurs en devenir. Kalinskaya ne remet pas en cause la qualité des installations : elle évoque « un million de courts » et un gymnase impressionnant. Son problème concerne surtout la méthode et l’individualisation du travail. Selon ses dires, on lui a demandé d’effectuer des charges et des exercices pour lesquels elle n’était pas préparée, notamment sur des machines de musculation qu’elle n’avait jamais utilisées avant ses 16 ans.

Pourquoi la progressivité est essentielle

Chez les jeunes athlètes, l’introduction graduelle des charges et des exercices de musculation est fondamentale. Le squelette, le système musculaire et surtout la ceinture abdominale et lombaire ne réagissent pas comme chez un adulte aguerri. Passer brutalement à des charges lourdes ou à des entraînements intenses en machines sans phase d’adaptation met en danger les structures lombaires. La colonne subit alors des contraintes répétées, pouvant entraîner des surcharges, des discopathies ou des atteintes musculaires chroniques.

Les erreurs décrites par Kalinskaya

  • Manque d’individualisation : elle rapporte avoir effectué des mêmes séances que des joueuses plus expérimentées, sans prise en compte de son niveau réel.
  • Rotation des coachs : Kalinskaya parle d’un turn-over d’entraîneurs, avec plusieurs interlocuteurs en dix jours, ce qui nuit à la continuité et au suivi.
  • Surcharge précoce : introduction d’un travail lourd en salle sans préparation progressive, dans un corps encore en développement.
  • Conséquences physiques d’un mauvais protocole

    La conséquence la plus immédiate d’un protocole trop agressif est la douleur aiguë, mais le vrai risque est la chronicité. Une lésion lombaire mal gérée durant l’adolescence peut se transformer en fragilité permanente, limitant la mobilité, la puissance et la capacité à encaisser des volumes d’entraînement élevés. Pour une joueuse qui doit répéter des actions explosives, torsions et extensions sous charge, avoir une lombalgie récurrente altère la technique (on modifie inconsciemment la posture), augmente le risque de compensation et donc de nouvelles blessures.

    Aspects organisationnels et humains

    Au-delà de la technique, Kalinskaya pointe un aspect structurel : l’attention parfois priorisée vers les joueurs du circuit au détriment des jeunes talents. Elle raconte qu’on l’a changé d’entraîneur plusieurs fois en quelques jours, car la priorité était donnée aux professionnels. Cela pose la question de la mission d’une académie : former durablement des jeunes, ou produire des résultats rapides pour des joueurs déjà établis ? La continuité du suivi, la confiance et l’adaptation du plan d’entraînement sont indispensables pour une progression saine.

    Quelle conduite à tenir pour éviter ces écueils ?

  • Évaluation initiale complète : bilan postural, force, mobilité et historique des douleurs avant d’entamer un programme en salle.
  • Progressivité : commencer par des exercices de gainage, proprioception et renforcement fonctionnel avant d’introduire les charges lourdes et les machines.
  • Individualisation : adapter le volume et l’intensité en fonction de l’âge biologique, du niveau de maturité physique et du calendrier compétitif.
  • Continuité du staff : maintenir un référent technique sur le long terme pour suivre l’évolution et ajuster les charges.
  • Communication : impliquer le joueur/joueuse dans les choix et les sensations ; une douleur signalée doit être écoutée et traitée immédiatement.
  • Le rôle des académies aujourd’hui

    Les académies modernes doivent trouver le juste équilibre entre haute performance et développement durable des jeunes. Elles possèdent les moyens matériels, mais parfois la logique du collectif et de l’économie d’échelle pousse à appliquer des protocoles standardisés. Or, le tennis est un sport asymétrique, exigeant une adaptation fine de la sollicitation physique. Le défi pour une structure comme celle de Mouratoglou est d’intégrer davantage de profils multidisciplinaires (préparateurs physiques spécialisés en pédiatrie sportive, ostéopathes, kinésithérapeutes) et de garantir des programmes individualisés, surtout pour les mineurs.

    Réflexion pour les coaches et parents

  • Ne pas confondre intensité et précocité : plus d’intensité ne signifie pas meilleure préparation s’il n’y a pas de fondation physique solide.
  • Demander des comptes rendus : exigez des plans de progression écrits et des bilans réguliers pour suivre l’évolution.
  • Prioriser la santé : une carrière longue vaut mieux que des résultats précoces suivis d’un arrêt prématuré.
  • Choisir une académie : rencontrer le staff, comprendre la philosophie d’entraînement et observer comment sont intégrés les jeunes dans le planning.
  • Les déclarations d’Anna Kalinskaya résonnent comme un avertissement : l’excellence matérielle ne suffit pas si la méthode manque de finesse. Pour un jeune joueur, la réussite repose autant sur la qualité des infrastructures que sur l’intelligence pédagogique de ceux qui les utilisent. C’est un rappel utile pour les joueurs, les familles et les cadres : protéger le corps aujourd’hui, c’est préserver la carrière demain.

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