18 février 2026

Alcaraz vacille mais s’en sort à Doha : deux balles de set sauvées et un avertissement pour la suite

Alcaraz titré mais encore humain : comment il a souffert pour battre Rinderknech à Doha

Le retour au jeu après un grand succès n’est jamais anodin. Carlos Alcaraz l’a rappelé hier à Doha : même au sommet du monde, il faut parfois passer par des moments fragiles avant de retrouver sa pleine puissance. Le numéro un mondial s’est imposé face à Arthur Rinderknech en deux manches, 6-4 7-6(5), mais ce résultat masque une rencontre ponctuée d’incertitudes et d’efforts notables pour contenir un adversaire combatif.

Analyse du match : pas un exercice de routine

Sur le papier, Alcaraz devait logiquement dominer. Dans les faits, il a fallu qu’il puise dans ses ressources mentales et physiques pour négocier une opposition solide. Rinderknech, grand serveur et capable de placer des coups plats et puissants, a posé des problèmes, notamment dans le deuxième set où il a bénéficié de deux balles de set. Ces opportunités n’ont pas été concrétisées, en grande partie grâce à la capacité de sang-froid d’Alcaraz et à sa faculté à élever son niveau dans les instants décisifs.

Quelques points techniques ressortent :

  • La première balle d’Alcaraz n’a pas toujours été incisive au cours de la rencontre, ce qui a obligé l’Espagnol à construire davantage les points depuis le fond de court.
  • En retour, il n’a pas constamment pesé comme on peut l’attendre d’un joueur de sa trempe : il a accordé des jeux de service « faciles » à Rinderknech en ne convertissant pas toutes les occasions d’attaquer.
  • La capacité défensive et la lecture du jeu ont toutefois permis à Carlitos de rester dans l’échange et de provoquer la faute adverse au fil des rallies.
  • Le mental au centre du duel

    Ce match met en lumière la part mentale qui distingue les très grands. Annuler deux balles de set en faveur de son adversaire n’est pas anodin : il s’agissait de préserver une dynamique positive après un long cycle de compétition qui culmine habituellement par un sommet d’émotion et d’effort — l’Australian Open. Alcaraz a géré cette transition en montrant qu’il peut encore se battre quand le jeu n’est pas parfaitement fluide.

    Physique et récupération : comprendre la période post-Grand Chelem

    Après une victoire en Grand Chelem, la charge physique et émotionnelle accumulée pèse. Les performances suivantes sont souvent en dent de scie : baisse d’énergie, petites douleurs, manque de repères dans les échanges. Dans ce cadre, l’issue favorable pour Alcaraz à Doha peut se lire comme une gestion intelligente de ses ressources : prendre le temps d’entrer dans la rencontre, laisser passer quelques passages à vide, puis décider des bons moments pour forcer.

    Points clés à travailler pour Alcaraz

    Même victorieux, il y a des axes à améliorer si l’on souhaite rester dominateur sur la saison :

  • La régularité du service : retrouver une première balle qui dicte le point plus souvent permettra de réduire la pression du retour adverse.
  • La consistance en retour : augmenter la fréquence des retours agressifs et profonds pour surprendre les serveurs puissants comme Rinderknech.
  • La gestion de l’intensité : apprendre à doser l’effort match après match pour éviter l’accumulation de fatigue sur les semaines chargées.
  • Le scénario du match et les moments décisifs

    Le premier set s’est joué sur des détails : une combinaison d’échanges bien négociés par Alcaraz, quelques montées réussies au filet et une meilleure gestion des points importants dans le tie-break qui n’a pas eu lieu mais dont l’équilibre s’est senti tout au long du set. Dans le deuxième set, la pression a monté. Rinderknech a obtenu deux balles de set, révélant la vulnérabilité occasionnelle du numéro un, mais celui-ci a su écarter les dangers en s’appuyant sur son sens du timing et sa lucidité tactique.

    Prochain obstacle : Valentin Royer

    Au tour suivant, Alcaraz retrouvera un compatriote, Valentin Royer. Après un match accroché, la logique veut que Carlos monte en régime. Royer représente un défi différent : moins d’expérience au très haut niveau, peut-être moins de puissance pure, mais souvent une ténacité et une envie de se faire une place. Pour Alcaraz, l’objectif sera de fluidifier le jeu, d’éviter de laisser Royer s’installer dans le point et de recentrer l’impact de ses premières balles.

    Ce que cela nous apprend pour l’entraînement

    Plus qu’un résultat, cette rencontre envoie des messages pratiques aux joueurs et entraîneurs :

  • Varier les rythmes au cours d’un match est essentiel pour désorganiser un serveur dominant.
  • Le travail mental sur les points décisifs paie : répéter des scénarios de pression durant les entraînements (sauver une balle de set, conclure une manche serrée) prépare à ces instants.
  • La période post-Grand Chelem nécessite une planification fine de la récupération : micro-cycles de repos, séances légères, et travail technique ciblé plutôt que volume intensif immédiatement après un majeur.
  • Au final, la victoire n’est peut-être pas aussi éclatante qu’on pouvait l’imaginer, mais elle est révélatrice : Alcaraz reste capable de gagner même quand il n’est pas à 100 %. C’est une qualité précieuse pour qui veut durer au sommet.

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