Incroyable ! Bolelli et Vavassori créent la surprise à Rome et offrent un sacre historique à l’Italie
Au Foro Italico, l’air vibrait d’une émotion particulière : ce n’était pas seulement une finale de double parmi d’autres, mais l’histoire qui s’écrivait sous nos yeux. Simone Bolelli et Andrea Vavassori, deux combattants du circuit et représentants d’une tradition italienne du double trop souvent négligée, ont décroché un triomphe qui restera gravé dans les mémoires. En battant Marcel Granollers et Horacio Zeballos 7-6(8), 6-7(3), 10-3, ils offrent à l’Italie un titre aux Internationaux d’Italie — un succès national qui résonne comme une revanche et comme une célébration collective.
Un début à la fois prometteur et manqué pour les favoris
Sur le papier, Granollers et Zeballos présentaient tous les ingrédients d’une équipe expérimentée et redoutable : mobilité, variation et une grande capacité à prendre l’initiative au filet. Ils l’ont prouvé d’entrée en infligeant un break précoce, mettant la pression sur le service adverse et multipliant les occasions (six balles de break entre le cinquième et le septième jeu). Pourtant, ces opportunités non concrétisées ont tourné au cauchemar quand, au moment d’achever le set, la tension a fait commettre des fautes qui ont permis aux Italiens de recoller et de revenir dans la manche.
La clé du premier set, à mes yeux, réside là : l’équilibre mental. Bolelli et Vavassori ont su garder la tête froide, s’accrocher avec des retours précis et jouer les points décisifs avec une agressivité contrôlée. Le tiebreak a reflété cette émulation : remontée depuis 4-6, annulation de trois balles de set — preuve d’un mental au rendez-vous — et fermeture sur 10-8. Ce premier round était gagné au mental autant qu’au jeu.
Un deuxième set serré, décidé au tie-break
Le second acte n’a pas offert de larges espaces : point par point, les deux duos ont rivalisé d’habileté. Granollers et Zeballos ont mieux négocié les moments clés du tie-break, inversant les tendances et renvoyant le match vers un super-tiebreak décisif. Leur expérience s’est vue dans certaines variations d’effets et placements qui ont gêné la réception italienne, mais sans entamer la confiance de Bolelli et Vavassori.
Le super-tiebreak : quand l’audace italienne a payé
Le match-tiebreak a basculé rapidement en faveur des locaux à cause de quelques erreurs évitables des adversaires, à commencer par un double faute de Zeballos et un smash raté dans un moment crucial. Mais réduire la victoire italienne à des fautes adverses serait injuste : Bolelli et Vavassori ont imposé leur rythme, multiplié les sorties de filet et surtout profité d’une synchronisation de duo rarement vue ces dernières semaines.
Vavassori, dans ce format, a été impérial au filet. Ses interceptions, angles coupés et prises de balle hautes ont créé l’espace nécessaire pour que Bolelli, solide depuis la ligne de fond et excellent dans la diagonale de coup droit, puisse dicter ou conclure chaque échange. Leur lecture commune des trajectoires, alliée à une couverture de couloir impeccable, a mis Granollers et Zeballos en difficulté tactique, générant la confusion dans leurs placements et offrant des points faciles aux Italiens qui se sont envolés jusqu’au 10-3 final.
Analyse technique : pourquoi leur équipe a fonctionné
Ce que cela signifie pour le tennis italien
La victoire de Bolelli et Vavassori n’est pas qu’un fait d’armes isolé : elle illustre une renaissance possible du double italien. Historiquement, l’Italie a souvent brillé en simple, mais le double requiert une structure, des duos stables et une culture tactique qui se transmet. Ce succès peut encourager les jeunes à s’intéresser davantage à cette discipline, à créer des paires durables et à concevoir des programmes nationaux axés sur la double tactique.
Pour les observateurs du circuit, c’est aussi un rappel : ne sous-estimez jamais la force d’un duo bien coordonné. Sur terre battue, où la construction du point prime, la communication, l’anticipation et la complémentarité deviennent des armes décisives.
Points à retenir pour les joueurs
Ce titre romain de Bolelli et Vavassori est à la fois une célébration et un signal pour le futur. En tant qu’ancien joueur, je ne peux qu’applaudir une performance où le cœur, la tête et le geste se sont conjugués pour offrir au public italien une soirée inoubliable.
