Luciano Darderi crée la surprise à l’US Open : comment il a terrassé Sweeny et bouleversé le tableau
US OPEN 2026 Luciano DARDERI (ITA) Photo © Ray Giubilo
Luciano Darderi : premiers huitièmes à Flushing Meadows, le travail paie
Luciano Darderi s’est offert une soirée à marquer d’une pierre blanche : pour la première fois de sa carrière, l’Italien franchit le cap des huitièmes de finale à l’US Open en dominant Dane Sweeny en trois sets (6-4, 6-3, 6-3) en un peu plus de deux heures de jeu. Une performance où la maîtrise mentale a fait la différence, mais aussi une prestation concrète sur le plan technique et tactique qui mérite d’être décortiquée.
Une victoire construite avec patience et régularité
Le premier set a montré un Darderi très appliqué, presque « ouvrier » dans sa façon de travailler le point. Les occasions étaient rares et il a su exploiter la seule ouverture qu’il a eue lors du troisième jeu pour prendre le service de Sweeny et conserver cet avantage jusqu’à la fin du set. Plutôt que de chercher des coups spectaculaires, il a mis l’accent sur la constance de ses frappes et la profondeur, obligeant l’Australien à courir et à forcer.
Dans ce registre, la statistique des fautes directes est parlante : les deux joueurs ont commis un nombre similaire d’erreurs non forcées sur l’ensemble du match, mais Darderi a su les répartir différemment, en limitant les erreurs sur les points clés. Mentalement, il n’a pas basculé dans l’énervement malgré quelques moments de tension, gardant une routine et une gestion des échanges qui lui ont permis de rester serein.
Montées en puissance et gestion des breaks
Le deuxième set a offert des montagnes russes : trois breaks en cinq jeux témoignent d’une phase d’attaque-defensive intense. Là encore, Darderi a été le plus solide dans la conversion des occasions. Il a réussi à prendre l’initiative et à maintenir la pression, puis a capitalisé sur la baisse d’intensité de Sweeny pour s’échapper et conclure 6-3.
Le troisième set a confirmé l’ascendant psychologique de l’Italien. Un break précoce au deuxième jeu, obtenu notamment grâce à un lob millimétrique bien senti, a mis Sweeny dans une position inconfortable. Par la suite, Darderi a imposé un rythme élevé, gagnant des échanges longs par sa capacité à frapper profond et à accélérer au bon moment. Un échange particulièrement éprouvant dans le quatrième jeu, qui a culminé par un nouveau break, a presque anéanti les espoirs de retour de l’Australien.
Aspects techniques : ce qui a fait la différence
Lecture du match et état physique
Sweeny a donné l’impression d’avoir certains limites techniques et physiques face à l’intensité imposée par l’Italien. Après le deuxième set, la capacité à maintenir l’intensité a décliné, et certains signes de fatigue se sont manifestés lors des échanges prolongés. Darderi, à l’inverse, a démontré une récupération efficace entre les points et une mobilité suffisante pour gérer les angles imposés.
Dans un Grand Chelem, la gestion de l’effort est essentielle : économiser quelques coups sur les jeux de service, savoir écourter les échanges au bon moment et préserver son mental sont des facteurs qui, combinés, peuvent faire basculer une rencontre. Darderi a su parfaitement ces éléments contre Sweeny.
Ce que cela signifie pour la suite
Au prochain tour, Darderi pourrait affronter Alexander Zverev ou Alejandro Tabilo. Peu importe le nom, ce succès montre que l’Italien a franchi un palier. Il arrive à New York avec un jeu adapté au béton : profondeur, capacité d’accélération et mental solide. Pour franchir encore d’autres étapes, il devra toutefois continuer à améliorer la régularité de son service et gagner en variété dans ses trajectoires pour faire déjouer des joueurs de très haut niveau qui sauront contrer la puissance pure.
