Cobolli brisé par des douleurs, Alcaraz déjà menaçant et le Zverev imprévisible : les révélations choc du premier jour à l’Open
Le premières heures d’un Grand Chelem ont souvent ce parfum d’incertitude où l’on scrute chaque geste, chaque grimace pour déceler des signes annonciateurs. À l’Open d’Australie 2026, le tableau masculin n’a pas dérogé à la règle : peu de surprises, mais quelques histoires qui méritent qu’on s’y attarde — douleurs imprévues, fraîcheur clinquante d’un favori, et le Zverev d’habitude turbulent mais parfois remarquablement solide. J’analyse ici, avec le recul d’un joueur passé par ces mêmes émotions, ce que ces matches du premier jour nous disent du tournoi à venir.
Cobolli et ce malaise gênant : quand le corps trahit
Le cas Matteo Cobolli — réduit à jouer presque tout un match en proie à ce que la chronique qualifie pudiquement de « douleurs intestinales » — est un rappel brutal : à ce niveau, la gestion physique est aussi décisive que la tactique. Jouer sans pouvoir évacuer un inconfort physiologique majeur, c’est devoir compenser par une dépense d’énergie mentale et par des choix de jeu plus conservateurs. Sur le court, cela se traduit souvent par :
Cobolli a tenu tête tant qu’il le pouvait, en prenant des antidouleurs et en serrant les dents, mais le niveau d’intensité d’un match de Grand Chelem finit par exposer la fragilité physique. Pour les coaches et préparateurs, c’est un signal clair : la préparation « slam » doit intégrer des scénarios médicaux et logistiques précis pour éviter que des problèmes banals ne deviennent handicapants.
Alcaraz : rodaggio ou contrôle discret ?
Carlos Alcaraz est arrivé à Melbourne avec l’étiquette du favori et la fraîcheur d’un champion qui sait comment gérer la pression. Son premier match — techniquement solide — a montré un joueur qui n’avait rien perdu de sa panache, mais qui affiche aussi quelques petites « rouilles » naturelles après les changements d’équipe ou les phases de transition : un break concédé, des accélérations mal calibrées, des moments d’amnésie tactique. Rien d’alarmant.
Sur ce que j’ai pu observer :
En clair, Alcaraz est en rodaggio — un rodaggio de luxe. Son tableau paraissant relativement dégagé, l’objectif pour lui sera de monter en puissance sans se surmener. Les gros tours arriveront plus tard, et sa marge tactique le place comme l’un des candidats les plus sérieux pour aller loin.
Zverev : la constance intermittente
Alexander Zverev, qui a souvent alterné le spectaculaire et le frustrant, a montré un visage assez familier : capable d’autorité quand il trouve la bonne cadence, mais vulnérable dès que le rythme s’accélère. Contre Brooksby, on a vu un joueur « presque » chirurgical — break initial dans chaque set et gestion plutôt sereine — mais aussi des moments d’imprudence (comme ce double faute sur une seconde à haute vélocité à 30-30). Ce mélange de précision tactique et d’erreurs évitables reste son principal talon d’Achille.
Si Zverev veut réellement prétendre au titre, il devra :
Autres enseignements du jour : matches serrés et points d’attention
Le premier tour a aussi été marqué par des rencontres qui se sont jouées sur le fil : Norrie obligé à cinq sets, Tiafoe et Cerúndolo faisant le job attendu, et Moutet offrant sa touche de spectacle avec un service tout en dessous sur un point décisif — un rappel que l’originalité et l’audace existent toujours, même au milieu de la routine slam.
Pour les observateurs et les coaches, quelques tendances se dessinent :
Conseils pratiques pour les compétiteurs et les coaches
À partir de ces observations, voilà des pistes concrètes à appliquer en entraînement pour mieux aborder un Grand Chelem :
Le premier jour de l’Open d’Australie 2026 n’a pas offert de raz-de-marée de surprises, mais il a livré des indices précieux sur l’état de forme de plusieurs protagonistes. Entre l’épisode malheureux de Cobolli, les signes de perfectionnement d’Alcaraz et la régularité intermittente de Zverev, le tournoi s’annonce riche en duels tactiques où la préparation physique et la clarté mentale feront la différence.
