Djokovic sans famille à Melbourne : le rituel étonnant avec un figuier qui pourrait bien expliquer sa quête du 25e Grand Chelem
Novak Djokovic poursuit sa quête du 25e titre du Grand Chelem à l’Australian Open 2026 sans la présence physique de sa famille dans sa loge, mais il n’est pas pour autant seul : un vieil arbre de figuier, au cœur des Botanic Gardens de Melbourne, tient désormais un rôle symbolique dans sa routine et dans son ressourcement entre les matches.
Un choix de vie familiale réfléchi
Interrogé après son succès net 6-3, 6-2, 6-2 contre le qualifié italien Francesco Maestrelli, Djokovic a expliqué que ses deux enfants — Stefan (11 ans) et Tara (8 ans) — sont restés à Athènes pour des raisons pratiques et éducatives. « Non, non, absolument pas », a-t-il répondu lorsqu’on lui a demandé s’ils regardaient ses matches tard la nuit ; « ils dorment en ce moment ». Au-delà de l’anecdote, sa réponse illustre une priorité assumée : préserver le quotidien et les obligations scolaires des enfants plutôt que de les entraîner constamment dans la vie nomade du circuit.
Pour un joueur de 38 ans toujours compétitif au plus haut niveau, concilier carrière et rôle de parent demande des concessions. Djokovic l’énonce sans amertume : il a toujours souhaité que ses enfants atteignent un âge où ils comprennent ce que représente le métier de leur père. Il se dit chanceux d’avoir déjà pu partager avec eux certains de ses plus beaux instants sur le court, mais cette année la balance penche vers la stabilité familiale et l’éducation.
Le figuier, rituel et ressourcement
Plutôt que d’un accompagnement familial traditionnel, Djokovic confie trouver du réconfort et une forme de compagnie auprès d’un figuier brésilien des Botanic Gardens, qu’il décrit comme son « plus vieil ami » à Melbourne. La relation vaut presque rituel : depuis plus de vingt ans, il vient auprès de cet arbre pour « guérir ses blessures » et trouver la solitude nécessaire après l’intensité des entraînements et des matches.
Ce lien avec la nature n’est pas qu’une histoire romantique. Pour un athlète dont la préparation mentale est aussi cruciale que la préparation physique, les moments de centrage — marcher dans un parc, rester quelques instants immobile devant un sujet naturel — contribuent à la régulation des émotions, à la diminution du stress et à la clarté d’esprit. Djokovic le formalise en mots : « c’est une belle connexion, la nature est un allié puissant ». Dans le tumulte d’un Grand Chelem, ces micro-rituels deviennent des ancres psychologiques.
Implications sportives et mentales
D’un point de vue technique et stratégique, l’absence des enfants peut avoir des effets ambivalents. Sur le plan positif, moins de déplacements familiaux signifie une logistique allégée et une concentration accrue sur la compétition. Djokovic a souvent montré qu’il savait canaliser ses ressources mentales et qu’il tire profit de routines bien rodées pour rester performant.
Cependant, il ne faut pas minimiser l’impact émotionnel. Le soutien inconditionnel de la famille — la présence dans la loge, les visages connus au coin du court — peut apporter une énergie différente, une motivation supplémentaire dans les moments clés d’un match. Djokovic l’admet : ses proches sont parmi ses « plus grands supporters ». Leur absence physique est compensée par la certitude qu’ils sont « toujours dans son cœur », mais cette substitution n’est pas neutre sur l’état d’esprit.
Une préparation intérieure renforcée
À 38 ans, Djokovic n’a plus grand-chose à prouver sur le plan technique. Son service, sa prise d’initiatives au retour, sa capacité à dicter le rythme restent des éléments déterminants. Là où la présence du figuier et la décision de laisser ses enfants à la maison prennent tout leur sens, c’est sur la préparation mentale : la gestion de l’énergie, la régulation du stress et la lucidité tactique sur des points cruciaux.
Pour un joueur de son calibre, chaque match est une équation complexe où s’entremêlent formes physiques, routines, alimentation, sommeil, séances de récupération et préparation mentale. Donner la priorité à des éléments qui favorisent la stabilité familiale et le ressourcement intérieur peut s’avérer un choix gagnant à moyen terme, surtout dans un tournoi aussi exigeant que l’Australian Open.
Le symbole d’une carrière en pleine maturité
Le récit de Djokovic et de son figuier illustre aussi une évolution dans la carrière des champions : la recherche d’équilibre et de sens au-delà de la simple accumulation de titres. À l’aube d’une éventuelle lutte pour ajouter un 25e Grand Chelem à son palmarès, il affiche une sérénité et une capacité d’adaptation qui sont autant d’armes. Cette maturité se traduit par la capacité à créer ses propres repères — qu’ils soient humains, familiaux ou naturels — pour rester performant.
Sur le plan collectif, ce type de posture renvoie un message fort aux jeunes joueurs : la carrière de haut niveau n’implique pas forcément la renonciation à des priorités personnelles, mais plutôt leur intégration réfléchie dans le projet sportif. Djokovic montre qu’on peut poursuivre l’excellence tout en faisant des choix conscients pour la famille et le bien-être.
Sportivement, il reste concentré sur son prochain adversaire : Botic van de Zandschulp en troisième tour. Mais l’image du champion venant se recueillir auprès d’un figuier, loin des projecteurs et des tribunes, restera comme un symbole poignant de l’équilibre recherché par ceux qui ont longtemps dominé le circuit.
