8 février 2026

Djokovic vise Los Angeles 2028 à 42 ans : le plan secret qui pourrait surprendre le monde du tennis

Paris 2024 Olympics, Olympic Tennis Event, Novak Djokovic (SRB) (Photo: Corinne Dubreuil)

Présent à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver Milano-Cortina 2026 en compagnie de sa famille, Novak Djokovic a livré une intervention aussi claire que mesurée à propos d’un possible rendez‑vous futur : Los Angeles 2028. À 42 ans sur le papier, l’idée peut paraître ambitieuse, voire téméraire, mais Nole n’a jamais été un homme à suivre les courbes préétablies. Sa phrase — « Les Jeux sont lointains, mais j’ai le désir d’y arriver » — révèle surtout une combinaison d’humilité et d’ambition qui mérite d’être décortiquée sous l’angle sportif et stratégique.

Un objectif loin mais conscient

Dire que Los Angeles 2028 est « loin » est un euphémisme réfléchissant. Entre aujourd’hui et cet été olympique il y a quatre ans de compétitions, de risques, de surprises et de charges physiques. Djokovic le sait mieux que quiconque : les chiffres et les courbes de performance ne suffisent pas à décrire une carrière. Sa médaille d’or obtenue à Paris 2024 prouve qu’il peut encore atteindre le plus haut niveau quand tous les éléments convergent. Mais viser 2028 exige de planifier avec minutie chaque composante — gestion des blessures, calendrier, récupération et motivation.

Pour un athlète de la trempe de Djokovic, l’enjeu n’est pas seulement d’être présent physiquement : il s’agit d’arriver compétitif, apte à rivaliser avec les générations montantes. Sa victoire contre Sinner en Australie, évoquée dans ses propos, a remis de la confiance et montre qu’il peut encore battre les meilleurs. Reste à transformer ces actes ponctuels en régularité sur la durée.

Le calendrier et la sélection des objectifs

À mon sens, si Djokovic veut réellement viser Los Angeles, il devra adapter son calendrier. Voici quelques orientations possibles :

  • sélectionner avec soin les tournois à haute valeur ajoutée (Grand Chelem et Masters 1000 prioritaires),
  • réduire les tournées prolongées qui génèrent une fatigue cumulative difficile à gérer après 35 ans,
  • intégrer des blocs de préparation plus longs et ciblés avant les rendez‑vous olympiques pour être au pic physique au bon moment.
  • La logique est simple et éprouvée : ménager la machine pour permettre des pics de forme ciblés. De nombreux champions plus âgés choisissent une logique de « sélection des rendez‑vous » plutôt que d’accumulation. Cela demande un travail d’équipe exemplaire (coach, préparateur physique, staff médical) et une discipline hors du court.

    L’aspect physiologique et la récupération

    Passé un certain âge, la donnée clé devient la récupération. Plus on avance, plus elle devient lente et plus les petites bobos s’accumulent. Djokovic a développé au fil des ans une science de la récupération : routines, nutrition, cryothérapie, travail de mobilité et prévention. Pour viser 2028, il faudra maintenir — voire intensifier — ces stratégies. Sans cela, l’usure s’installe et les performances chutent.

    En pratique, cela implique :

  • plans de charge individualisés sur la saison,
  • séances de renforcement ciblées pour préserver l’explosivité et éviter les blessures tendineuses,
  • protocoles de récupération active et passive extrêmement stricts entre les matchs.
  • La bataille mentale — un terrain connu pour Nole

    Si physiquement la route est exigeante, mentalement Djokovic est bien armé. Ses ressources psychologiques sont souvent la clé de ses grandes réussites : résilience, compétitivité et une capacité exceptionnelle à se réinventer. L’olympisme ajoute toutefois une dimension particulière : représenter son pays, jouer avec l’équipe et gérer un format différent de la saison habituelle. Ces éléments peuvent être un moteur mais aussi une source de pression différente des tournois traditionnels.

    Pour continuer à exceller, Nole devra préserver sa motivation intrinsèque. Les objectifs personnels (records, Grands Chelems) cohabitent désormais avec des objectifs symboliques, comme l’or olympique déjà décroché. Cette combinaison peut être nourrissante si elle est bien équilibrée.

    La concurrence et l’évolution du circuit

    Entre aujourd’hui et 2028, plusieurs jeunes talents émergeront et peaufineront leur jeu. Sinner, Rune, Alcaraz (si l’on envisage sa trajectoire) et d’autres constituent un horizon compétitif dense. Djokovic doit donc non seulement travailler sur lui‑même, mais aussi anticiper l’évolution du circuit : mieux connaître les nouveaux styles, s’adapter à des adversaires plus mobiles et parfois plus puissants.

    Sur le plan tactique, l’expérience de Nole demeure un atout monumental. Il sait lire les matches, faire baisser la cadence lorsque nécessaire et imposer son plan. Reste à conserver la lucidité et la capacité physique pour appliquer ces plans sur la durée.

    Un désir qui peut porter loin

    La déclaration de Djokovic — « je désire arriver à Los Angeles » — n’est pas anecdotique. Elle témoigne d’une volonté qui peut orienter les décisions majeures des prochaines saisons. En tant qu’ancien joueur, je vois dans cet objectif une énergie positive : fixer un cap à long terme mobilise, module les efforts et permet d’éviter les errances. Mais traduction en réalité exige un plan précis, une équipe soudée et une adaptation permanente.

    Quoi qu’il en soit, Djokovic possède les qualités requises pour rester un protagoniste majeur encore plusieurs années : intelligence tactique, préparation physique de haut niveau et un mental hors pair. Reste à voir s’il saura orchestrer la suite de sa carrière autour d’un objectif olympique qui, à 42 ans, serait l’un des actes les plus remarquables du tennis moderne.

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