12 février 2026

Le vestiaire WTA crie au scandale : pourquoi les stars refusent catégoriquement les matches en cinq sets

Le vestiaire WTA dit non au passage au format en cinq sets

Au cœur du WTA 1000 de Doha, l’idée lancée par le directeur de l’Open d’Australie de faire passer les matches féminins au meilleur des cinq sets à partir de 2027 a été accueillie, pour le dire simplement, avec beaucoup de réserve — voire de rejet — par les joueuses. Interrogées lors du Media Day, plusieurs membres du top-10 ont exprimé clairement leur désaccord, soulignant que la proposition n’avait manifestement pas été suffisamment discutée avec celles qui seraient directement concernées.

Gauff : la prudence d’une athlète réaliste

Cori « Coco » Gauff, malgré son profil athlétique et sa capacité à enchaîner physiquement, n’a pas paru totalement convaincue par le projet. Sa position est révélatrice : oui, elle pourrait sans doute tenir la distance physiquement, mais cela ne signifie pas qu’elle souhaite voir cette transformation s’appliquer au circuit féminin. Pour elle, le point de vue du spectateur et celui du compétiteur ne coïncident pas forcément. Trop de matchs en cinq sets risqueraient d’alourdir la saison et d’impacter la qualité du spectacle sur la durée.

Anisimova : préserver une structure adaptée

Amanda Anisimova a été plus tranchante en rappelant que les joueuses ont construit toute leur préparation autour d’un calendrier et d’un format en trois sets. Passer à cinq sets demanderait une réorganisation profonde des entraînements, de la planification et de la récupération. Selon elle, ce serait un changement « trop radical » pour l’ensemble du vestiaire qui pourrait entraîner des conséquences physiques non négligeables sur la durée d’une saison.

Swiatek : une réflexion de fond sur la saison

Iga Świątek, en tant que numéro un du classement, a apporté une lecture à la fois pragmatique et mesurée. Elle doute de l’intérêt d’allonger systématiquement les matches alors que le tennis mondial tend à s’accélérer et à densifier le calendrier. Swiatek souligne plusieurs implications : maintenir la qualité de jeu pendant des rencontres plus longues, repenser la préparation physique sur la saison entière, et gérer une programmation déjà complexe. Même si elle se considère robuste physiquement, elle reconnaît ne jamais avoir affronté la durée réelle d’un match en cinq sets et se questionne sur la réaction de son corps face à ce type d’effort.

Un vestiaire unanime ? Plutôt un ensemble de doutes

Les réactions collectées montrent un consensus sur l’absence de consultation préalable et sur la nécessité d’une étude approfondie avant d’envisager un tel changement. Les joueuses ne rejettent pas a priori toute évolution, mais elles demandent que toute modification du format tienne compte de la santé des joueuses, de la qualité sportive et de l’impact sur la saison. Le scepticisme ambiant reflète aussi une inquiétude plus large : comment intégrer ces rencontres plus longues dans un calendrier déjà chargé sans sacrifier la performance ou la longévité des joueuses ?

Aspects physiques et préparation

  • Adaptation des entraînements : passer au cinq sets impliquerait d’allonger les cycles de préparation, de multiplier les séances d’endurance et d’ajuster la prévention des blessures.
  • Récupération : la récupération post-match deviendrait un enjeu encore plus critique, avec un besoin accru de ressources médicales et d’une programmation intelligente des jours off.
  • Planification de la saison : un changement de ce type pourrait forcer les joueuses à remodeler leur calendrier, en choisissant moins de tournois pour préserver la fraîcheur.
  • Conséquences pour le spectacle et les organisateurs

    Du point de vue du spectacle, des matches en cinq sets pourraient séduire certains aficionados en promettant des duels épiques comparables à ceux du circuit masculin. Pourtant, la probabilité d’augmenter le nombre de rencontres longues pose la question de la qualité constante du show sur l’ensemble d’un tournoi. Les organisateurs devraient aussi revoir la logistique : programmation des sessions, capacités d’accueil et gestion des imprévus deviendraient plus complexes.

    Le débat dépasse le simple côté sportif

    Au-delà de l’aspect physique et technique, il s’agit aussi d’une question d’identité du circuit féminin. Le format en trois sets a façonné l’histoire du WTA et la manière dont les joueuses se préparent depuis des décennies. Modifier ce paramètre fondamental toucherait à la stratégie globale, à la manière d’entraîner les jeunes talents et à la gestion des carrières sur le long terme.

    Points à surveiller

  • La réaction des instances (WTA, comités des tournois) : vont-elles engager des consultations formelles avec les joueuses et les équipes médicales ?
  • Les études scientifiques : évaluer l’impact sur la performance, les risques de blessure et la récupération sera indispensable avant toute décision.
  • Les retours d’expérience : organiser des matches-tests ou des exhibitions en cinq sets pourrait permettre d’expérimenter sans imposer un changement brutal au circuit.
  • Un débat qui doit être préparé collectivement

    Le refus majoritaire exprimé à Doha n’est pas une fermeture définitive à toute innovation, mais un appel clair à la concertation. Toute évolution du format doit intégrer la parole des principales concernées : celles qui, au quotidien, sacrifient leur corps et leur saison pour faire vivre ce sport. Si l’idée du cinq sets suscite l’intérêt de certains décideurs, elle devra d’abord s’appuyer sur des données, des essais et, surtout, sur une réelle écoute du vestiaire WTA.

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