Le vestiaire WTA crie au scandale : pourquoi les stars refusent catégoriquement les matches en cinq sets
Le vestiaire WTA dit non au passage au format en cinq sets
Au cœur du WTA 1000 de Doha, l’idée lancée par le directeur de l’Open d’Australie de faire passer les matches féminins au meilleur des cinq sets à partir de 2027 a été accueillie, pour le dire simplement, avec beaucoup de réserve — voire de rejet — par les joueuses. Interrogées lors du Media Day, plusieurs membres du top-10 ont exprimé clairement leur désaccord, soulignant que la proposition n’avait manifestement pas été suffisamment discutée avec celles qui seraient directement concernées.
Gauff : la prudence d’une athlète réaliste
Cori « Coco » Gauff, malgré son profil athlétique et sa capacité à enchaîner physiquement, n’a pas paru totalement convaincue par le projet. Sa position est révélatrice : oui, elle pourrait sans doute tenir la distance physiquement, mais cela ne signifie pas qu’elle souhaite voir cette transformation s’appliquer au circuit féminin. Pour elle, le point de vue du spectateur et celui du compétiteur ne coïncident pas forcément. Trop de matchs en cinq sets risqueraient d’alourdir la saison et d’impacter la qualité du spectacle sur la durée.
Anisimova : préserver une structure adaptée
Amanda Anisimova a été plus tranchante en rappelant que les joueuses ont construit toute leur préparation autour d’un calendrier et d’un format en trois sets. Passer à cinq sets demanderait une réorganisation profonde des entraînements, de la planification et de la récupération. Selon elle, ce serait un changement « trop radical » pour l’ensemble du vestiaire qui pourrait entraîner des conséquences physiques non négligeables sur la durée d’une saison.
Swiatek : une réflexion de fond sur la saison
Iga Świątek, en tant que numéro un du classement, a apporté une lecture à la fois pragmatique et mesurée. Elle doute de l’intérêt d’allonger systématiquement les matches alors que le tennis mondial tend à s’accélérer et à densifier le calendrier. Swiatek souligne plusieurs implications : maintenir la qualité de jeu pendant des rencontres plus longues, repenser la préparation physique sur la saison entière, et gérer une programmation déjà complexe. Même si elle se considère robuste physiquement, elle reconnaît ne jamais avoir affronté la durée réelle d’un match en cinq sets et se questionne sur la réaction de son corps face à ce type d’effort.
Un vestiaire unanime ? Plutôt un ensemble de doutes
Les réactions collectées montrent un consensus sur l’absence de consultation préalable et sur la nécessité d’une étude approfondie avant d’envisager un tel changement. Les joueuses ne rejettent pas a priori toute évolution, mais elles demandent que toute modification du format tienne compte de la santé des joueuses, de la qualité sportive et de l’impact sur la saison. Le scepticisme ambiant reflète aussi une inquiétude plus large : comment intégrer ces rencontres plus longues dans un calendrier déjà chargé sans sacrifier la performance ou la longévité des joueuses ?
Aspects physiques et préparation
Conséquences pour le spectacle et les organisateurs
Du point de vue du spectacle, des matches en cinq sets pourraient séduire certains aficionados en promettant des duels épiques comparables à ceux du circuit masculin. Pourtant, la probabilité d’augmenter le nombre de rencontres longues pose la question de la qualité constante du show sur l’ensemble d’un tournoi. Les organisateurs devraient aussi revoir la logistique : programmation des sessions, capacités d’accueil et gestion des imprévus deviendraient plus complexes.
Le débat dépasse le simple côté sportif
Au-delà de l’aspect physique et technique, il s’agit aussi d’une question d’identité du circuit féminin. Le format en trois sets a façonné l’histoire du WTA et la manière dont les joueuses se préparent depuis des décennies. Modifier ce paramètre fondamental toucherait à la stratégie globale, à la manière d’entraîner les jeunes talents et à la gestion des carrières sur le long terme.
Points à surveiller
Un débat qui doit être préparé collectivement
Le refus majoritaire exprimé à Doha n’est pas une fermeture définitive à toute innovation, mais un appel clair à la concertation. Toute évolution du format doit intégrer la parole des principales concernées : celles qui, au quotidien, sacrifient leur corps et leur saison pour faire vivre ce sport. Si l’idée du cinq sets suscite l’intérêt de certains décideurs, elle devra d’abord s’appuyer sur des données, des essais et, surtout, sur une réelle écoute du vestiaire WTA.
