31 janvier 2026

Martín De la Puente peut-il entrer dans l’histoire ? Le moment décisif qui peut tout changer pour le tennis en fauteuil espagnol

Martín De la Puente : l’Espagnol qui peut entrer dans l’histoire du tennis en fauteuil

Demain pourrait être une journée historique pour le tennis en fauteuil espagnol. Martín De la Puente, troisième tête de série du tableau individuel, se présente en finale de l’Open d’Australie 2026 avec la possibilité de devenir le premier Espagnol à remporter un Grand Chelem individuel dans cette discipline. Après une carrière déjà jalonnée de succès — finale en simple à Wimbledon 2024 et titres en double au US Open 2022 et à Wimbledon 2025 — le Galicien vise désormais une consécration qui dépasserait le simple palmarès.

La victoire en demi-finale : un cap symbolique

La victoire contre le numéro 1 Alfie Hewitt en demi-finale n’est pas qu’un résultat : c’est la confirmation qu’un joueur espagnol peut rivaliser au plus haut niveau du circuit de tennis en fauteuil. Dans l’interview d’après-match, De la Puente exprimait une émotion palpable et une humilité qui rendent son parcours d’autant plus inspirant. Il a souligné combien il a fallu d’efforts et de persévérance pour être dans cet état de forme, rappelant que la route est longue et semée de difficultés, mais que la constance finit par payer.

Évolution du jeu : maturité et intelligence tactique

Sur le plan technique, Martín a gagné en maturité. Son jeu n’est plus fondé uniquement sur l’explosivité et l’élan offensif ; il a ajouté des éléments de patience et de construction du point. Sa capacité à lire le jeu, à choisir le bon moment pour accélérer et à varier les trajectoires est aujourd’hui un atout majeur. En compétition de haut niveau, ces nuances font souvent la différence entre un titre manqué et une victoire historique.

Concrètement, on observe chez lui :

  • Une meilleure gestion du service et des retours, essentiels pour poser le rythme des échanges.
  • Des placements de châssis plus judicieux, permettant d’anticiper les angles adverses.
  • Une variété accrue dans le coup final, alternant puissances droites et coups placés pour forcer l’erreur.
  • La force mentale : clé de l’exploit

    Ce qui distingue véritablement Martín, c’est sa force mentale. Face à la pression d’une finale de Grand Chelem, il sait mobiliser les ressources nécessaires pour rester concentré et lucide. Sa phrase après la victoire — évoquant l’effort supplémentaire à fournir quand les choses sont difficiles — illustre une capacité à transformer la frustration en énergie positive. Pour tout entraîneur ou joueur, c’est un exemple frappant : gagner commence souvent par croire que l’on peut, même lorsque les signes extérieurs semblent contraires.

    Impact pour le tennis paralympique espagnol

    Au-delà de son cas personnel, la réussite de De la Puente a un effet multiplicateur sur le tennis en fauteuil en Espagne. Il insiste lui-même sur le rôle collectif de son succès : un « pionnier » ne se construit pas seul, dit-il, et il remercie ses proches, son staff et la communauté. Si Martín l’emporte, l’onde de choc sera forte : plus de visibilité, plus d’infrastructures, plus de jeunes attirés par cette discipline. C’est une opportunité pour faire évoluer les mentalités et développer un vivier plus large de talents.

    La finale face à Tokito Oda : éléments tactiques à surveiller

    En finale, Martín retrouvera Tokito Oda, deuxième tête de série. Oda est un adversaire dangereux, méthodique et opportuniste. Pour espérer décrocher le titre, De la Puente devra :

  • Contrôler la première balle : obtenir des points gratuits au service ou au moins limiter les retours offensifs d’Oda.
  • Varier le tempo : casser les rythmes pour empêcher Oda de s’installer dans une série de frappes puissantes et linéaires.
  • Être patient sur les jeux décisifs : les tie-breaks et les moments clés demandent une gestion mentale sans faille.
  • Un autre facteur sera la capacité de Martín à exploiter les espaces et à faire jouer Oda sur la longueur, lui imposant des déplacements et des lectures de trajectoires qui le fatigueront progressivement.

    Le rôle des initiatives personnelles et de l’équipe

    Martín évoque souvent le rôle de son équipe dans sa progression : entraîneurs, préparateurs physiques et soutien logistique. Dans le tennis en fauteuil, la préparation est tout aussi cruciale que dans le tennis dit « valide » : travail spécifique de mobilité, adaptation des tactiques selon le terrain et récupération méticuleuse entre les matches. Sa réussite est donc aussi le fruit d’une orchestration collective efficace.

    Ce que peuvent apprendre les jeunes joueurs

  • Ne jamais sous-estimer la patience : construire un point peut rapporter plus que la recherche systématique du coup gagnant.
  • Travailler l’attitude mentale : apprendre à gérer la frustration et à transformer les moments difficiles en opportunités.
  • Investir dans l’équipe : un projet sportif durable nécessite un encadrement régulier et professionnel.
  • Rencontre entre générations : échange avec Alcaraz

    Un passage symbolique : Martín a raconté une brève rencontre avec Carlos Alcaraz dans les vestiaires, un échange qui témoigne de la solidarité entre joueurs et de l’admiration mutuelle. Ces interactions entre champions de disciplines différentes renforcent l’idée que le succès est un langage commun sur lequel se construisent des ponts pour inspirer la jeune génération.

    Qu’il soulève le trophée ou non, Martín De la Puente a déjà marqué son époque. Il incarne ce que tout passionné de tennis admire : combativité, humilité et la volonté de laisser un héritage qui dépasse le cadre des résultats. La finale de demain est bien plus qu’un match : c’est une opportunité pour élargir l’histoire du tennis espagnol et pour inspirer les futures générations de joueurs en fauteuil.

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