21 février 2026

Monte-Carlo va-t-il devenir un tournoi mixte ? La révélation qui pourrait bouleverser le calendrier du tennis

2023 Montecarlo Rolex Master COURT RAINIER III Photo © Ray Giubilo

Lors de la présentation officielle de l’édition 129 du Masters 1000 de Monte-Carlo, David Massey a relancé une idée qui trotte dans la tête des organisateurs depuis quelques saisons : et si le légendaire tournoi du Rocher devenait un événement « combined », accueillant à la fois un tableau ATP et un tableau WTA ? Massey a été prudent dans ses mots — « un projet pour le futur » — mais ses déclarations permettent d’ouvrir une réflexion constructive sur les enjeux sportifs, logistiques et calendaires d’un tel virage.

Pourquoi l’idée est séduisante

Monaco bénéficie d’un cadre, d’une histoire et d’une attractivité remarquable. Transformer Monte-Carlo en tournoi combiné renforcerait son aura et offrirait au public la possibilité d’assister aux meilleurs matches masculins et féminins sur le même site et dans la même semaine. D’un point de vue marketing et médiatique, l’impact serait considérable : plus de matches vedettes, plus de contenus, une fréquentation accrue et une meilleure exposition pour les sponsors locaux et internationaux.

Sportivement, l’intégration d’un tableau WTA ouvrirait des opportunités de confrontation directe entre championnes de la terre battue et favori·e·s du circuit masculin en exhibition, doubles mixtes, clinics et événements annexes qui enrichiraient l’expérience des spectateurs et renforceraient la pédagogie du tennis pour les plus jeunes.

Les contraintes calendrier : le nerf de la guerre

Massey a mis le doigt sur l’obstacle principal : le calendrier. Un tournoi « combined » exige plus de jours de compétition pour accueillir deux tableaux et préserver la qualité des rencontres. Actuellement Monte-Carlo se déroule dans une fenêtre déjà très chargée, immédiatement après Miami et dans la période de préparation sur terre battue menant à Madrid-Rome et Roland-Garros.

  • Allonger la durée du tournoi impliquerait de décaler d’autres événements ou de mobiliser des semaines supplémentaires dans un calendrier international déjà saturé.
  • La météo et la gestion des courts extérieurs sur la Côte d’Azur imposent aussi une marge de sécurité temporelle.
  • En pratique, pour que le projet soit viable, il faudrait soit un soutien fort des instances (ATP/WTA), soit une redéfinition plus large de la période de transition Miami → Monte-Carlo, ce qui suppose des négociations complexifiées entre fédérations, tournois et diffuseurs.

    Format et fonctionnement : que pourrait-on envisager ?

    Massey rappelle que Monte-Carlo est l’un des deux Masters 1000 — avec Paris — à adopter un tableau de 56 joueurs. Ce format a ses atouts : il garantit des premiers tours de très bon niveau et permet à des joueurs de milieu de tableau d’affronter des têtes d’affiche rapidement. Un tournoi combiné devrait préserver cette qualité de compétition tout en trouvant des solutions pour le calendrier de la WTA.

  • Scénario A : maintenir le tableau ATP 56 et ajouter un tableau WTA plus réduit (ex. 32), concentrant ainsi les matches féminins sur des journées précises et évitant une extension trop importante.
  • Scénario B : étendre le tournoi de quelques jours et synchroniser les phases initiales (qualifs, premiers tours) sur des courts annexes, puis mutualiser les sessions centrales sur le court principal.
  • Scénario C : organiser deux semaines consécutives mais distinctes (semaine 1 : WTA – semaine 2 : ATP), solution moins attractive commercialement mais moins contraignante logistiquement.
  • Aspects logistiques et infrastructures

    Transformer Monte-Carlo en événement « combined » ne se limite pas au calendrier : il faut une capacité d’accueil hôtelière suffisante, des courts annexes de qualité, des espaces pour les équipes, les médias et les sponsors, ainsi qu’une organisation logistique rodée pour assurer des transitions fluides entre sessions ATP et WTA. Le principe du tournoi familial, festif et haut de gamme du Rocher impose un niveau d’exigence élevé en termes de services et d’infrastructures.

    Considérations sportives : impact sur les joueurs et joueuses

    Du point de vue des athlètes, un tournoi combiné à Monte-Carlo pourrait être attractif, notamment pour les spécialistes de la terre battue qui cherchent des rendez-vous de préparation de haut niveau. Cependant, il faudra veiller à ce que le calendrier n’augmente pas le risque de surcharge physique : la période de printemps est déjà dense, et une extension mal pensée pourrait nuire à la préparation en vue de Roland-Garros.

  • Pour les joueurs : garantir des jours de repos suffisants entre les matches serait essentiel.
  • Pour les joueuses : la présence d’un WTA 1000/500 à Monte-Carlo pourrait offrir une alternative intéressante à d’autres événements européens et équilibrer la saison sur terre.
  • Un projet à long terme, réaliste si…

    Les mots de Massey sont clairs : c’est un projet, pas une promesse. Pour qu’il devienne réalité, plusieurs éléments doivent coïncider — un réarrangement du calendrier acceptable par toutes les parties, des investissements en infrastructures si nécessaire, et l’approbation des instances dirigeantes du tennis mondial. Mais l’ambition de Monte-Carlo est compréhensible : rester à la pointe de l’offre tennistique mondiale en proposant une expérience renforcée pour le public et les joueurs.

    Ce que les fans et les acteurs du tennis peuvent attendre

  • Des annonces progressives : d’abord des études de faisabilité, ensuite des tests logistiques, puis — potentiellement — des premiers changements expérimentaux.
  • Une consultation avec la WTA et l’ATP pour identifier le meilleur format compatible avec le calendrier printanier.
  • La préservation de l’identité du tournoi : garder l’équilibre entre prestige historique et évolutions nécessaires pour rester attractif.
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