Sabalenka l’avoue : Les Grands Chelems à 5 sets me rendraient invincible — découvrez pourquoi
US OPEN 2025 Women’s final Aryna Sabalenka (BLR) defeated Amanda Anisimova (USA) 6-3 7-6 (7/3) Photo © Ray Giubilo
Aryna Sabalenka et l’hypothèse des Grands Chelems en 5 sets : une vraie menace pour ses adversaires ?
À la veille d’Indian Wells, la numéro un mondiale Aryna Sabalenka a abordé de nombreux sujets en conférence de presse, parmi lesquels la proposition, de plus en plus débattue, d’étendre les matches de Grand Chelem féminins à cinq sets. Sa position est sans équivoque : physiquement solide et dotée d’un tempérament combatif, elle estime qu’un format en cinq manches pourrait lui permettre de remporter davantage de titres majeurs. Au-delà de la simple provocation, cette déclaration invite à une analyse technique et stratégique sur ce que signifierait réellement une telle réforme pour le circuit féminin.
Un profil taillé pour la longueur
Sabalenka n’est pas une joueuse comme les autres : puissance dévastatrice, explosivité au service et capacité à dicter l’échange depuis la ligne de fond. Mais ces attributs ne suffisent pas à expliquer pourquoi elle se sent favorisée par l’idée des cinq sets. À mes yeux, ancien joueur et observateur du haut niveau, plusieurs facteurs expliquent cette confiance.
Avantages et pièges du passage au 5 sets pour les joueuses
Transformer le format des Grands Chelems au féminin serait loin d’être anecdotique. Voici, d’après mon expérience, ce que cela changerait concrètement :
Impact sur la préparation et la saison
Si l’on passait aux cinq manches, l’entraînement devrait évoluer : davantage de travail spécifique d’endurance, des séances de musculation adaptées pour préserver la puissance sur la durée, des protocoles de récupération renforcés (cryothérapie, nutrition, physiothérapie). Les équipes techniques seraient obligées de repenser la planification annuelle des joueuses afin d’éviter le surmenage lors des périodes clés.
Conséquences tactiques pendant les matchs
Un match de cinq sets modifie profondément la gestion du momentum. Sur trois sets, une mauvaise entame peut être difficile à remonter ; sur cinq sets, l’oscillation des fortunes est plus marquée et la capacité à négocier les moments décisifs devient primordiale. Sabalenka, par son jeu de puissance et sa propension à dicter le point, pourrait profiter d’un second souffle lorsqu’un adversaire commence à flancher physiquement.
Le débat équité / spectacle
Au-delà des aspects purement sportifs, l’une des objections fréquentes au 5e set féminin concerne l’équité entre spectacle et santé des joueuses. Certains plaideront que le public verrait des rencontres plus épiques, d’autres mettront en garde contre le risque d’un calendrier surchargé et d’un accroissement des blessures. Il faut aussi considérer l’impact sur les diffuseurs et la programmation des tournois : des matchs plus longs compliquent la planification et peuvent augmenter les coûts logistiques.
Ce que cela signifierait pour la hiérarchie du tennis féminin
Si la réforme venait à être adoptée, on pourrait assister à une redistribution des forces. Les joueuses physiquement robustes et mentalement résilientes pourraient gagner en régularité dans les majors. À l’inverse, des joueuses au style basé sur l’explosivité et la finition rapide pourraient voir leurs chances réduites. Dans ce contexte, la parole de Sabalenka n’est pas une simple vantardise : elle identifie un élément structurel qui pourrait concrètement favoriser certains profils.
Quelques recommandations si la réforme était mise en place
La proposition de passer les Grands Chelems féminins à cinq sets relance un débat complexe mêlant performance, santé et spectacle. Pour Aryna Sabalenka, c’est une opportunité : son profil et son état de forme la placent parmi les favorites d’un tel changement. Reste à savoir si le tennis mondial est prêt à assumer les conséquences, médicales et organisationnelles, d’une réforme qui changerait durablement la physiologie de la compétition.
