15 janvier 2026

Sinner confiant mais inquiet : Ce sera dur de répéter — Alcaraz peut-il lui voler la couronne à Melbourne ?

Tennis, ATP FINALS 2025 Jannik Sinner (ITA), Turin, Italy, November 10, 2025. Foto Felice Calabro'

À la veille du tirage au sort de l’Open d’Australie 2026, Jannik Sinner s’est présenté serein mais lucide devant les micros : « Je vais bien, mais ce sera dur de répéter », a-t-il déclaré, avant d’évoquer sa rivalité croissante avec Carlos Alcaraz. En tant qu’ancien joueur et observateur technique, j’ai suivi ces propos avec attention : au-delà de la façade médiatique, ils révèlent la stratégie mentale et physique d’un champion conscient des exigences d’un Grand Chelem.

Un état de forme rassurant

Sinner insiste sur une préparation hivernale satisfaisante et sur un bon ressenti physique. Ce point est fondamental : démarrer une saison sur de bonnes bases conditionnelles permet d’encaisser les aléas d’un tournoi long comme Melbourne. Sur le plan strictement athlétique, la capacité à maintenir des pics de forme répétés est la clé pour défendre un titre – et Sinner semble avoir travaillé dans ce sens pendant l’off-season.

La difficulté de « répéter »

Dire que « ça sera dur de répéter » n’est pas une marque de doute mais une reconnaissance de la réalité statistique et sportive. Rééditer une performance victorieuse exige :

  • une gestion impeccable de la charge de travail tout au long de la semaine,
  • une capacité à digérer l’attente et la pression médiatique,
  • une marge de progression sur les matches serrés où la micro-différence technique ou mentale fait basculer le score.
  • Pour Sinner, la difficulté tient autant à la cible sur son dos qu’aux éléments externes : tirages au sort défavorables, conditions de jeu fluctuantes, adversaires en forme immédiate. En tant que joueur, il doit maintenant préserver son lucidité et adapter son entrainement pour arriver frais et compétitif dès le premier match.

    La rivalité avec Alcaraz : motivation ou épée de Damoclès ?

    La déclaration sur Alcaraz— »Belle rivalité, mais il est n°1 et moi n°2, donc on ne peut se rencontrer qu’en finale »—est intéressante sur deux plans. D’abord, elle matérialise une hiérarchie actuelle du circuit, mais surtout elle met en lumière la logique d’un tableau : pour renouer avec une finale face à Alcaraz, Sinner doit maîtriser sa trajectoire de tournoi, éviter les pièges précoces et parfois accepter de jouer sur des stratégies moins flamboyantes mais plus sûres.

    Psychologiquement, une telle rivalité peut être stimulante : elle force à continuellement élever son niveau. Tactiquement, elle oblige aussi à diversifier son répertoire pour surprendre un adversaire ultra-complet. Enfin, elle impose une gestion fine des ressources physiques — se battre pour chaque point contre un joueur du calibre d’Alcaraz peut coûter cher en énergie sur la durée d’un Grand Chelem.

    Le match à venir contre Felix Auger-Aliassime

    Le premier obstacle mentionné, Felix Auger-Aliassime, représente un test immédiat. Physiquement puissant, avec un service et un coup droit de qualité, Auger-Aliassime peut poser des problèmes si Sinner n’est pas encore dans son rythme. Trois axes pour Sinner :

  • Imposer le rythme : utiliser le service et le coup droit pour prendre l’initiative et limiter les chaînes de contre-attaque de Felix.
  • Varier les hauteurs et les effets : casser le tempo pour empêcher Auger-Aliassime de s’installer dans des schémas offensifs linéaires.
  • Gérer l’énergie : éviter les échanges inutiles en début de match et miser sur les opportunités de finir le point de manière intelligente.
  • Sur le papier, c’est un duel de styles où la qualité du premier serveur et la capacité à rester agressif dans les moments clés feront la différence.

    Aspects techniques à soigner

    Pour moi, observateur technique, Sinner doit rester attentif à quelques détails mécaniques qui font sa force :

  • la préparation du coup droit : conserver cette mécanique fluide qui produit à la fois vitesse et contrôle,
  • la stabilité du revers à deux mains : fondement de ses échanges en fond de court,
  • la variation dans le jeu de jambes : déplacement court/long pour se replacer et attaquer proprement.
  • De petits ajustements, comme raccourcir légèrement la prise en retour sur certaines balles profondes ou varier la longueur des pas avant la frappe, peuvent s’avérer déterminants pour gagner de la constance dans les moments chauds.

    La dimension mentale : confiance et lucidité

    Sinner parle d’un mix de confiance et de « quelques doutes » naturels en début de saison. C’est sain : un champion doit ressentir la pression tout en la transformant en moteur. La préparation mentale devra donc se concentrer sur la gestion du présent (match par match), tout en maintenant une vision long terme (objectif numéro 1). Des routines d’avant-match courtes et ancrées, un travail régulier de respiration et de focalisation, ainsi que des micro-objectifs par set aideront à maintenir l’équilibre.

    Ce que cela signifie pour l’ATP et les fans

    La confirmation de Sinner comme favori, couplée à sa prudence verbale, alimente la narrative d’un duel générationnel avec Alcaraz. Pour le circuit, c’est excellent : rivalités de ce calibre poussent le niveau global vers le haut. Pour les fans, cela promet un Open d’Australie vivant, où la tactique, l’endurance et la capacité à gérer la pression vont se conjuguer pour départager les prétendants.

    Sur le court, la capacité de Sinner à harmoniser son état physique, ses choix tactiques et sa solidité mentale déterminera s’il pourra effectivement « se répéter » à Melbourne. À mon sens, il a les atouts ; la réussite dépendra de la gestion des détails et de la manière dont il apprivoisera chaque match sans se projeter trop loin.

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